Les bêtes, 1911
Le petit lézard gris
L’âme des mètres de cailloux,C’est la rapiette charmante,Glissant magique, sans froufrous,Gracieux éclair qui les hante,Ses flancs battant à petits coups,Elle y brille et les diamante,Les anime, les mouvemente.Leur scintillement jaune et rouxD’un frisson lumineux s’augmenteSi peu qu’elle quitte ses trous.On va, lourd piéton que tourmenteL’ennui poudreux des soleils fous,Aux regards s’allonge opprimante,Blanchâtre, entre des pays flous,La grand’route où marquent vos clous.Un lézard luit : tout s’agrémente,Et vous bénissez d’un œil douxL’âme des mètres de cailloux.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources