Les bêtes, 1911
Les deux canards
La cane et le canard à tête d’émeraude,Plume à plume, s’en vont du même train sans bruitSur la rivière lente et verte qui reluitAvec tous les frissons de la lumière chaude.
Ainsi qu’un double esquif minuscule qui rodeEt que le bon hasard du vent pousse et conduit,La cane et le canard à tête d’émeraude,Plume à plume, s’en vont du même train sans bruit.
Mais l’amour interrompt leur flâneuse maraude,Voguant ou plongeonnant, l’un l’autre se poursuit,Et sur l’eau qui les berce, ils ont jusqu’à la nuitLe becquetage ardent, l’humeur folle et ribaudeLa cane et le canard à tête d’émeraude.
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources