Les bêtes, 1911
Vol d’aigle
Raidissant sa griffe rapaceL’aigle fauve darde, en la nuit,Un regard fulgurant qui suitLe débrouillement de l’espace.
Il attend que l’ombre s’effaceQue le plein soleil ait relui ;Tant qu’enfin, l’astre jaune et lui,Se considèrent face à face.
Alors, à cris hurlés, la bêtePrend son vol droit, monte et s’arrêteDans un planement solennel.
Elle s’étale confianteTachant les rocs de sa fienteQui semble un excrément du ciel.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les bêtes, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1911· numérisation crcrosnier.fr· Sources