Paysages et Paysans, 1899
La Mort au printemps
La nature, au printemps, semble par sa féerieGlorifier tous les trépas qu’elle a conçus.Passe un enterrement ? elle répand dessusSon parfum, sa musique et sa grâce fleurie.
On dirait qu’elle veut que chaque arbre sourieAux mignonnets cercueils des tout petits Jésus,Que ces panaches, d’ombre et de vapeur tissus,Célèbrent la candeur de leur âme inflétrie.
Alors, son beau soleil qui fait pâlir les cierges,Nimbant aux chemins creux les convois blancs des vierges,Elle fond ses couleurs à celles de leur mort.
Et leurs bières, hélas ! si roides et si closes,Harmonieusement, passent dans le décorDes cerisiers neigeux et des pommiers tout roses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources