Paysages et Paysans, 1899
Les trois Bègues
Ici Pierre, François et le facteur Roland,En bégaiement, pouvaient s’appeler co… collègues,Et, c’était d’un comique ultra-désopilantQuand une occasion rassemblait les trois bègues.
Un jour, notre facteur, un gaillard sec et haut,Entra de son pas lourd chez les gens du domaineEt dit, parlant très fort, mais avec quelle peine !« Sa… salut ! cré… cré… cré mâtin ! qu’i… qu’i fait chaud ! »
Pierre, les yeux sortis, rouge, et s’enflant le cou,Flûta : « fa… fa… facteur, bu… buvez donc un coup… »Et François, dans son coin, sifflant comme la bise,
Accoucha de ces mots, moins émis que bavés :« Si… si… j’étais facteur, eh ben ! vous sa… savez,Je… je… mou… mouillerais ma… ma… che… che… chemise ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources