Les Mois, 1779· Les mois du Printems
Mai
DU mois, cher à Vénus,‖ la course est terminée.Son frère, nouveau Roi‖ des beaux jours de l’année,Descendu de l’Ether‖ sur un nuage d’or,Aux graces du Printems‖ vient ajouter encor.Propice aux doctes Sœurs,‖ il attend leur hommage :Il vient le réclamer.‖ Ah ! puisse son imageRespirer aussi fraîche,‖ aussi belle en mes versQue les fleurs, dont lui-même‖ embellit l’Univers !Mais l’art a-t-il jamais‖ égalé la Nature ?Du plus savant pinceau‖ la magique imposturePeut-elle, en déployant‖ le charme des couleurs,Saisir dans tous ses traits‖ la plus humble des fleurs ?Non, non : tous nos tableaux‖ sont bien loin du modèle,Et nous n’offrons jamais‖ qu’une esquisse infidèle.Eh bien ! Dussé je voir‖ mes informes essaisAvorter en naissant‖ et languir sans succès,J’aurai goûté du moins‖ cette ivresse touchante,Que donne la nature‖ au mortel qui la chante :Ses jours coulent en paix‖ sous un heureux destin.
QU’IL est doux en effet,‖ au retour du matin,Qu’il est doux d’égarer‖ sa vue et sa penséeSur cette plaine, au loin‖ d’un beau verd tapissée !Que j’aime à contempler‖ ces vallons, enrichisDe superbes moissons‖ et de pommiers blanchis ;Ces limpides étangs,‖ la paix de leur rivage,Ces jardins, ces forêts,‖ cette chaîne sauvageDe rocs, qui l’un sur l’autre‖ au hazard suspendus ;Couronnent vingt hameaux‖ à leurs piés étendus ?Ici, dans sa beauté‖ le printems se déploie ;Ici, sur le gazon,‖ je renaîs à la joie ;Je suis heureux : un calme,‖ aussi pur que les cieux ;M’enlève dans l’extase,‖ et m’approche des dieux.
À moi-même rendu,‖ je vais jouir encore,Le long de ce ruisseau,‖ que l’églantier décore,Je promène mes pas‖ de détour en détour ;Je le vois se cacher,‖ se montrer tour à tour :Je descends avec lui‖ dans la vallée ombreuse,Agreste labyrinthe,‖ où ma voix amoureuseA soupiré jadis‖ mes plaisirs, mes tourmens.Ce lieu réveille en moi‖ de trop chers sentimens,Et par dégrés, au sein‖ de la mélancolie,Mon ame doucement‖ tombe, rêve et s’oublie.
QUAND frappé tout-à-coup‖ d’une éclatante voixJ’écoute, et reconnois‖ l’Orphée ami des bois,Le tendre oiseau, caché‖ sous un taillis sauvage,De ses tons variés‖ animant le rivage,Traîne tantôt sa voix‖ en soupirs languissans,Tantôt la précipite‖ en rapides accens,La coupe quelquefois‖ d’un gracieux silence,Et plus brillant encor,‖ la roule et la balance.Vingt fois renaît le jour‖ dans l’orient vermeil,Tandis que cet oiseau‖ refusant le sommeil,S’obstine à célébrer‖ son amoureuse histoire :Hélas ! Il ne fait pas‖ que ses chants de victoireAvancent à la fois‖ et présagent sa mort.
MAIS tout un peuple aîlé‖ me sourit sur ce bord.Peuple artisan du miel,‖ tes jeunes colonies,Que la nécessité‖ de la ruche a bannies,Murmurent, et sans ordre,‖ en grouppes éplorés,S’attroupant à l’entour‖ de tes murs trop serrés,Semblent se demander‖ quelle injuste puissanceOse ainsi les bannir‖ du lieu de leur naissance :Et comme parmi nous,‖ quand la séditionCherche à briser le frein‖ de la soumission,On voit languir les bras,‖ dont l’active industrieÀ l’ombre de la paix‖ nourissoit la patrie ;Ainsi le peuple-abeille‖ interrompt ses travaux :Le miel ne coule plus‖ en des rayons nouveaux.L’aurore brille en vain ;‖ la rose raniméePour lui ne r’ouvre point‖ sa feuille parfumée.
ENFIN la jeune reine‖ à son peuple attristéFait ouïr du départ‖ le signal redouté ;Au faîte de la ruche‖ elle agite ses aîles :On l’entoure, on la suit ;‖ et désormais fidèles,Ses sujets bourdonnans‖ respecteront ses loix.
DES bords du Ximoïs‖, tel Francus autrefois,Conducteur adoré‖ d’une flotte troyenne,Le premier aborda‖ les rives de la Seine,Et bravant les gaulois‖ jaloux de ses succès ;Jetta les fondemens‖ de l’empire français.L’essaim, tremblant au bruit‖ dont le tambour le frappe,Sur un rameau voisin‖ fond, et retombe en grappe.
HÂTEZ-VOUS, accourez‖ vers ces enfans du ciel,Ô vous, qui prétendez‖ au trésor de leur miel,Galathée, Amarille,‖ érixane, Iphilisse !Dans les flancs d’un panier‖ parfumé de mélisse,Agitez le rameau‖ qu’ils tiennent embrassé ;Que cet essaim conquis,‖ au bord des eaux placé,De nouveaux citoyens‖ peuple votre héritage.Déjà la colonie‖ au-dehors se partage ;Sans cesse elle voltige,‖ ardente à dépouillerLes lieux, qu’Opis et Flore‖ ont pris soin d’émailler.
MAIS que fais-je imprudent ?‖ Moi chanter les merveillesD’un peuple, à qui Virgile‖ a consacré ses veilles !Mânes de ce grand-homme,‖ instruit par les neuf sœursÀ célébrer des champs‖ les utiles douceurs,Pardonnez à l’essor‖ qu’a tenté ma foiblesse ;Ou plutôt, donnez-moi‖ la grace et la molesse,Qui prêtent à ces vers‖ je ne sais quel attrait,Où le cœur le plus froid‖ puise un tendre intérêt.Eh ! Qui sait mieux que lui‖ faire aimer ce qu’il chante !Qu’ils sont vrais ses tableaux !‖ Que sa voix est touchante,Soit qu’il dise l’amour,‖ les combats des bergers,Et les soins des guérets,‖ des troupeaux, des vergers ;Soit que de son bonheur‖ faisant sa seule étude,Il cherche des forêts‖ l’obscure solitude ;Ou que sur le Taigête,‖ égarée en desirs,Sa muse s’abandonne‖ à d’innocens loisirs !Est il un seul mortel,‖ dont l’ame ne se plaiseÀ suivre le vieillard‖ des rives du Galèse ?Comme alors chaque vers,‖ par un charme vainqueur,Pénètre doucement‖ jusques au fond du cœur !Que d’un simple jardin‖ la riante cultureDit bien que le bonheur‖ est près de la nature !
SOIS mon guide, ô Virgile !‖ Et si je puis jamais,Poëte voyageur,‖ franchir ces hauts sommets,Ces Alpes, vieux remparts‖ de la belle Ausonie,Si je puis voir les champs‖ qu’illustra ton génie,J’irai, j’en fais le vœu,‖ j’irai vers ce tombeau,Où sa muse, en pleurant,‖ éteignit son flambeau.Dans ce temple sacré‖ tu me verras descendre ;En redisant tes vers,‖ je baiserai ta cendre ;Et ton ombre, peut-être‖ offerte à mon regard,Instruira ma jeunesse‖ aux secrets de ton art.
PLEIN de ce doux espoir,‖ qui soutient mon courage,Loin de toi cependant‖ je poursuis mon ouvrage.J’entends de nos bergers‖ le cri tumultueux :Il m’appelle au détour‖ d’un sentier tortueux,Qui de saules couvert,‖ et tapissé de mousse,Descend dans un bassin‖ par une pente douce.Là, pressés par les chiens,‖ les troupeaux fugitifsSe plongent, en poussant‖ des bêlemens plaintifs ;Ils nagent en tumulte‖ et le crytal humideÉpure les habits‖ de la race timide.Elle attend pour sortir‖ le signal du pasteur.
LA trompe sonne. Alors,‖ traînant avec lenteurLe fardeau plus pesant‖ de sa laine imbibée,Elle gagne le bord,‖ haletante, courbée,Se dresse, et secouant‖ les flots de sa toison,D’une onde jaillissante‖ arrose le gazon.
ELLE s’avance enfin‖ vers le lieu de la plaine,Où l’acier rigoureux‖ doit lui ravir sa laine,Ici, Dolon poursuit‖ le robuste bélier,Et Lycas de vingt nœuds‖ s’apprête à le lier.Là, de bruyans ciseaux‖ Nice et Phylis arméesPressent de leurs genoux‖ les brebis allarmées.Votre frayeur est vaine,‖ innocens animaux ;Rassurez-vous : cédez‖ aux enfans des hameauxCette toison, pour vous‖ incommode parure ;Et vous irez encor,‖ errans sur la verdure,Faire entendre aux vallons‖ votre bêlante voix.
JALOUX de présider‖ au plus riant des mois,Les Gémeaux dans les airs‖ ont déjà pris leur route.Ils poursuivent la nuit‖ sous la céleste voûte,Et portés sur deux chars‖ de lumière éclatans,De l’empire du jour‖ prolongent les instans.
MAIS la terre en reçoit‖ un don plus cher encore.Quand de leurs feux amis‖ l’Olympe se décore,L’homme, que la douleur‖ traînoit vers le tombeau,Voit de ses jours mourans‖ ranimer le flambeau :Son sang se renouvelle ;‖ et son ame ravieBénit le mois des fleurs‖ qui le rend à la vie.
JE l’ai goûté jadis‖ le bonheur d’échapperAux horreurs de la mort :‖ sa faulx m’alloit frapper ;C’étoit, il m’en souvient,‖ aux jours de mon bel âge.Impatient de voir‖ renaître le feuillage,Et six mois à regret‖ d’aiguevive exilé,J’y volois, par l’amour‖ et zéphyr rappellé.La fièvre tout-à-coup‖ dans mes veines s’allume ;De ses feux inégaux‖ la fièvre me consume.Aux enfans de Chiron‖ mes larmes ont recours ;Ils ne m’offroient, hélas !‖ Qu’un stérile secours.Je vis la tombe ouverte,‖ et d’horreur l’ame atteinte,Je m’écriai, poussant‖ une voix presqu’éteinte :« Ô mort, suspends tes coups !‖ ô mort, éloigne-toi !» Je suis encor si jeune :‖ en est-ce fait de moi ?» Ne reverrai-je plus‖ mon père, mon amante !» Si tu fermois du moins‖ ma paupière mourante,» Ô toi, jeune beauté,‖ pour qui j’aimai le jour !…» Ah ! Mon dernier soupir‖ est un soupir d’amour. »À ces mots, détournant‖ mes yeux de la lumière,Je sens un lourd sommeil‖ tomber sur ma paupière ;Je m’endors : et mes sœurs‖ et mon père éperdusSe disoient : il s’endort‖ pour ne s’éveiller plus.
CE même jour pourtant‖ adoucit leurs allarmes.Le mal, loin de mon lit‖ qu’avoient trempé leurs larmes,Fuit avec le sommeil :‖ dans mon corps épuisé,Mon sang plus calme enfin‖ coule moins embrâsé ;Et la troisième nuit‖ d’un doux repos suivie,Des portes du tombeau‖ je remonte à la vie.
COMBIEN je fus heureux !‖ Ciel ! Avec quel transport,Du naufrage échappé‖ je rentrai dans le port !Quel charme de sentir‖ ranimer tout son être !Je crus qu’avec mes sens‖ mon cœur venoit de naître.Tout me parut nouveau :‖ le soleil à mes yeuxN’avoit jamais brillé‖ si pur, si radieux.Mon père ; il me sembloit‖ plus sensible et plus tendre.Mon ami ; j’aimois plus‖ à le voir, à l’entendre :Et l’asyle champêtre,‖ où m’accueillit l’amour,Pour moi, d’un long printems,‖ ne fit qu’un heureux jour.
C’EST alors que j’appris‖ à mieux voir la campagne.C’est alors qu’appuyé‖ sur ma belle compagne,Je connus, je goûtai‖ tout ce que les oiseaux,Les bois touffus, coupés‖ par de limpides eaux,Les grottes, les gazons,‖ le parfum des prairiesInspirent aux amans‖ de douces rêveries.Je dois à ces plaisirs‖ si purs et si touchansMon génie, amoureux‖ du théâtre des champs ;La sensibilité,‖ que nourrit la retraite :En me faisant plus tendre,‖ ils m’ont créé poëte.
GOÛTS chers à ma jeunesse,‖ ah ! Renaissez en moi,Renaissez ; je me livre‖ à votre douce loi :Présidez à mes vers,‖ que la grâce y respire.Flore m’appelle encor‖ dans son riant empire.J’y rentre ; et ce bosquet,‖ à mon œil enchanté,Sourit dans tout l’éclat‖ de sa jeune beauté.Il n’étale à mes yeux‖ ni marbre, ni dorure :La seule négligence‖ ajoute à sa parure.
SOUS les murs d’un palais,‖ sans doute j’aime à voirUn faste, qui des rois‖ atteste le pouvoir ;Des héros figurés,‖ de pompeuses arcades,Des tritons, dont la bouche‖ enfante des cascades ;Neptune aux aquilons‖ parlant en souverain,Et menaçant les flots‖ de son trident d’airain ;Des rivages du Nil‖ le cheval amphibie ;Les monstres rugissans‖ de Barca, de Nubie,L’un sur l’autre acharnés :‖ près d’eux, Psyché, VénusDéployant au soleil‖ leurs attraits demi-nuds ;Enfin ce long amas,‖ cette foule immortelleDe chef-d’œuvres, éclos‖ de l’art de Praxitèle.Digne ornement du trône,‖ ils peuvent décorerCe Versaille, où mon œil‖ ne veut rien qu’admirer.Mais ici, dans ce temple‖ ouvert à la nature,Frais dédale, où mes yeux‖ doivent à l’aventureErrer pour mieux jouir ;‖ où la simplicitéMe doit faire oublier‖ l’orgueil de la cité.Verrai-je sans ennui‖ la froide symétrieProlonger une route,‖ où rien ne se varie ;Borner le libre essor‖ de ces jeunes ormeaux ;Qui cherchent à s’épandre‖ en immenses rameaux ;L’if épaissir en mur‖ sa funèbre verdure,Le buis parmi les fleurs‖ serpenter en bordure ;Le verre sur leur tige‖ en prison s’arrondir,Et le sable au gazon‖ défendre de verdir ?
NON, non ; de ce jardin‖ sévèrement bannie,La régularité‖ n’en fait point l’harmonie.Tout naît comme au hazard‖ en ce fertile enclos :Une source en fuyant‖ l’abreuve de ses flots,Creuse un riant vivier,‖ s’échappe, et plus rapideEmbrasse un tertre verd‖ de sa zone limpide.Du milieu de cette isle‖ un berceau toujours fraisMonte, se courbe en voûte,‖ et s’embellit sans fraisDe touffes d’aubépine‖ et de lilas sauvage,Qui, courant en festons,‖ pendent sur le rivage.Plus loin, ce même enclos‖ se transforme en verger,Où l’art négligemment‖ a pris soin de rangerLes arbustes nombreux,‖ que Pomone rassemble :Autour d’eux, je vois naître‖ et s’élever ensembleEt des plantes sans gloire‖ et de brillantes fleurs.
UN amoureux zéphyr‖ en nourrit les couleurs.L’iris de la Tamise‖ échappe au sein de l’herbe,Et brille sans orgueil‖ aux piés du lys superbe ;Mais, par l’impériale‖ à son tour dominé,Devant elle, en sujet,‖ le lys tremble incliné.L’œillet au large front,‖ la pleine renoncule,Le bleuet, qui bravant‖ l’ardente canicule,Émaillera les champs‖ de la blonde Cérès,Le chèvre-feuille, ami‖ de l’ombre des forêts,Le sureau, le lilas,‖ l’épaisse giroflée,L’églantier, orgueilleux‖ de sa fleur étoilée,De ce beau labyrinthe‖ émaillent les détours.Ici, le frais muguet‖ se marie aux pastours.Là, du jasmin doré‖ la précoce familleBrille avec le rosier‖ à travers la charmille.
PLUS loin, quelle autre fleur‖ ai-je vu s’embellir ?Sa modeste beauté‖ m’invite à la cueillir :J’approche ; elle me fuit.‖ Dieux ! Quel est ce prestige ?Je cherchois une fleur ;‖ je ne vois qu’une tige.Interdit et confus,‖ je m’éloigne à regret ;Et la fleur rassurée‖ à l’instant reparoît.Ah ! Je te reconnois,‖ ô tendre sensitive !Seule, parmi les fleurs,‖ devant l’homme craintive,Sans doute il te souvient‖ que mortelle autrefois,De ta jeune pudeur‖ on méconnut la voix.
ELLE adoroit Iphis ;‖ Iphis brûloit pour elle.Cependant, vertueuse‖ autant qu’elle étoit belle,La nymphe demandoit‖ que l’hyménée un jour,Aux piés de son autel,‖ consacrât leur amour.Quatre soleils encor,‖ ce jour alloit paroître.L’innocente beauté,‖ dans un réduit champêtre,Soupiroit, solitaire,‖ à l’heure où le jour fuit.L’impatient Iphis‖ l’apperçoit et la suit ;Il approche avec crainte ;‖ et versant quelques larmes,Il veut hâter l’instant,‖ où maître de ses charmes,L’hymen doit la porter‖ dans les bras d’un époux.Elle résiste : Iphis‖ embrasse ses genoux,Et bientôt du respect‖ passant jusqu’à l’audace,Insulte à la pudeur‖ qui lui demande grâce ;Il oppose la force‖ aux refus redoublés.La nymphe vers le ciel‖ levant ses yeux troublés :« Dieux d’hymen et d’amour,‖ prenez soin de ma gloire ;» À mon perfide amant‖ arrachez la victoire ;» Hâtez-vous, détruisez‖ mes funestes appas,» Dieux vengeurs ! Contre lui‖ j’invoque le trépas. »
ELLE dit : et soudain‖ ses appas se flétrissent ;Et son front et ses doigts‖ de feuilles se hérissent.Au lieu des vêtemens,‖ dont son corps est couvert,Sur son sein, qui décroît,‖ s’étend un rézeau verd,Et ses piés, du zéphyr‖ quinze ans rivaux agiles,En racine allongés,‖ demeurent immobiles.Enfin, c’est une fleur ;‖ mais conservant toujoursLe profond souvenir‖ de ses tristes amours,Elle craint d’éprouver‖ une insulte nouvelle,Et de tout homme encor‖ fuit la main criminelle.
NE dois-je toutefois‖ célébrer que l’essaimDes fleurs, dont cet enclos‖ a diapré son sein ?Prés, bocages, forêts,‖ vallons, roches sauvages,Fontaines et ruisseaux‖ sur leurs moites rivages,Tous les lieux, visités‖ des zéphyrs inconstans,Nourrissent aujourd’hui‖ les filles du printems.Ce dieu n’a plus enfin‖ de beautés à répandre ;Tout brille : oui, c’en est fait,‖ amour ! Tu peux descendre.
C’EST pour te recevoir‖ que la terre a reprisSa robe verdoyante‖ et ses atours fleuris ;Que sans vagues, sans bruit,‖ la mer dort applanie ;Que le chantre des airs‖ redouble d’harmonie ;Que l’homme est plus agile,‖ et qu’un frais incarnat ;Du teint de chaque belle‖ a ranimé l’éclat.
L’AMOUR vole ; il a pris‖ son essor vers la terre.Depuis l’oiseau, qui plane‖ au foyer du tonnerre,Jusqu’aux monstres errans‖ sous les flots orageux,Tout reconnoît l’amour ;‖ tout brûle de ses feux.
DANS un gras pâturage,‖ il dessèche, il consumeLe coursier inondé‖ d’une bouillante écume,Le livre tout entier‖ aux fureurs des desirs.De ses larges nazeaux‖ qu’il présente aux zéphyrs,L’animal, arrêté‖ sur les monts de la Thrace,De son épouse errante‖ interroge la trace.Ses esprits vagabonds‖ l’ont à peine frappé,Il part ; il franchit tout,‖ fleuve, mont escarpé,Précipice, torrent,‖ désert ; rien ne l’arrête :Il arrive, il triomphe,‖ et fier de sa conquête,Les yeux étincelans,‖ repose à ses côtés.
RIVAUX meuglans d’amour,‖ les taureaux indomptésS’appellent au combat ;‖ cependant qu’une Hélène,Prix d’une lutte horrible,‖ erre en paix sur la plaine.Leur queue à coups pressés‖ aiguillonne leur flanc.Ils s’atteignent ; leurs fronts‖ se heurtent, et le sangDe leurs corps déchirés‖ coule à longs flots sur l’herbe.L’un d’eux enfin l’emporte,‖ et conquérant superbe,Voit son rival, brûlé‖ d’inutiles desirs,Lui laisser en fuyant‖ un champ libre aux plaisirs.
TELS le chêne robuste‖ et le hêtre fragile,Quand l’auster sur les bois‖ tombe d’un vole agile,Mêlent avec fracas‖ leurs rameaux ébranlés.L’air retentit au loin‖ de leurs chocs redoublés ;Le hêtre cède enfin ;‖ sa feuille est arrachée :De ses tronçons épars‖ la forêt est jonchée ;Tandis qu’avec orgueil,‖ le chêne fastueuxSe relève, et déploie‖ un front majestueux.
L’AMOUR pénètre encor‖ de sa féconde haleineLe peuple, que des eaux‖ nourrit l’immense plaine.Le poisson, qui pendant‖ autour du lit des mers,S’ouvre, et deux fois le jour‖ reçoit les flots amers,Qui sur un roc mousseux,‖ sa demeure chérie,Tel que les végétaux‖ vivant sans industrie,Réunit toutefois‖ le double sentimentEt d’épouse et d’époux,‖ et d’amante et d’amant,Entrouvant aujourd’hui‖ l’écaille qui l’enferme,De sa postérité‖ laisse échapper le germe.Ce germe, au gré des vents‖ promené sur les flots,Ou s’arrache aux rochers‖ dispersés sous les eaux,Ou, porté quelquefois‖ vers l’indien rivage,Monte jusqu’aux rameaux‖ du manglier sauvage.Là, dès que la nuit sombre‖ et le père du jour,Une fois dans les airs‖ ont regné tour-à-tour,L’écaille, autour de lui,‖ naît et se développe,Se double, s’arrondit,‖ et déjà l’enveloppe ;Là, jusques au recour‖ de la verte saison,Le stupide animal‖ croît avec sa prison.Oh ! Combien le nocher‖ admire cette plage !Comme il reste surpris,‖ lorsqu’au riant feuillageD’un arbre, où mille oiseaux‖ gazouillent des chansons,Son œil voit suspendus‖ des fruits et des poissons !
EN VAIN mille rochers‖ d’une éternelle glace,Des ondes du Spitzberg‖ hérissent la surface,L’affreux Léviathan,‖ de son antre profondS’élance ; et les brisant‖ de son énorme front,Il se replonge au sein‖ de l’humide campagne.Sa mugissante voix‖ appelle sa compagne :Elle accourt. À travers‖ les glaçons écartés,Ils montent, sur leur croupe‖ agilement portés ;Et le corps dégouttant‖ de flots d’écume noire,Ils s’unissent, pressés‖ de leur vaste nageoire.
CEPENDANT, asservis‖ à de plus douces loix,Les oiseaux réveillés‖ se cherchent dans les bois.Les innocens desirs,‖ la volupté tranquilleRend leur voix plus touchante‖ et leur vol plus agile.Peu sensible, ou s’armant‖ d’une feinte rigueur,Si d’un air froid, l’amante‖ accueille sa langueur,L’amant plus empressé‖ voltige à côté d’elle.Il se plaint, s’attendrit,‖ la frappe d’un coup d’aîle,L’enflamme par degrés‖ au feu de ses desirs,La caresse en vainqueur,‖ et chante ses plaisirs.
L’HOMME, l’homme sur-tout‖ à l’amour est sensible.Eh ! Quel sage aujourd’hui‖ peut se croire invincible,Lorsque par tous les sens‖ le dieu parle à nos cœurs ?Un air pur, un beau ciel,‖ de suaves odeurs,La voix du rossignol,‖ l’éclat de la campagne,Tout dit qu’il faut à l’homme‖ une tendre compagne.Contemplez ce Nestor‖ qui touche à son tombeau :Sur lui, l’amour encor‖ agite son flambeau,Ranime un peu sa force,‖ et charmant sa vieillesse,Lui rappelle les jours‖ de sa verte jeunesse.
AINSI, quand le démon‖ qui préside aux hyvers,Ordonne aux noirs frimats‖ d’attrister l’univers ;Lorsque d’un voile épais‖ la terre est ombragée,Jaloux de consoler‖ la nature affligée,Le soleil, quelquefois‖ triomphant des brouillards,De tous ses feux armé,‖ rayonne à nos regards,Et pour nous arracher‖ à nos froides demeures,Du printems, qui n’est plus,‖ nous rappelle les heures.
L’HYMEN, quoique souvent‖ offensé par l’amour,De son frère aujourd’hui‖ bénissant le retour,Réveille des époux‖ la tendresse première.Que fait Alcidamon‖ le soir dans sa chaumière ?Des tableaux, par le jour‖ à son œil présentés,Il parle à sa Rosine‖ assise à ses côtés.Il a vu des oiseaux‖ la poursuite amoureuse,La perdrix caressée‖ et la colombe heureuse ;Sur sa brillante épouse‖ avec lui navigeant,Le cygne, déployer‖ son plumage d’argent ;Le folâtre pinçon,‖ la timide fauvette,Brûler des mêmes feux‖ dont brûloit l’alouette :Ce récit dans leur cœur‖ rajeunit les desirs ;Et l’hymen déridé‖ les ramène aux plaisirs.
CE bel adolescent,‖ qui n’aime point encore,Vaguement inquiet,‖ se lève avec l’aurore :Il jette sur lui-même‖ un regard curieux.« Est-ce un songe, dit-il,‖ qui fascine mes yeux ;» De quel voile nouveau‖ m’ombrage la nature ? »» Entre mille pensers‖ il flotte à l’aventure ;Il ne soupçonne point‖ que l’âge créateur,Dans son corps, a mûri‖ l’esprit générateur,Qui doit le reproduire‖ en un autre lui même,Et qu’il est tems enfin‖ qu’il s’enflamme et qu’il aime.D’un bonheur inconnu‖ le besoin le poursuit.Il sort, marche au hazard ;‖ et quand le jour s’enfuit,Quand sous de verds bosquets,‖ le soir retrouve ensembleLes nymphes, les beautés‖ que la cité rassemble,Là, comme par instinct,‖ entre l’adolescent.Il dévore des yeux‖ cet essaim florissant,Ces magiques appas‖ que le jardin recèle :Il frissonne, il rougit ;‖ son regard étincelle.Son cœur, pour s’affermir,‖ tente de vains efforts.Veut-il parler ? Sa voix‖ s’exhale en sons plus forts.
DANS le ravissement‖ où son ame est perdue,Il part, lorsque la nuit,‖ sur nos toîts descendue,Vient avec le sommeil‖ assoupir les travaux.Mais à peine son œil‖ en boit les doux pavots,Un songe bienfaisant,‖ sur un lit de feuillage,Lui présente une nymphe‖ au matin du bel âge.L’innocente pudeur‖ de ses feux l’embellit.L’adolescent plus tendre‖ et se trouble et pâlit ;Il s’éloigne par crainte ;‖ et l’amour le ramène,L’amour, qui l’enflammant‖ d’une audace soudaine,Le précipite au sein‖ de la jeune beauté,Et l’éveille bientôt‖ ivre de volupté.
QUEL changement, ô dieux,‖ suit l’ivresse, où se plongeCe jeune-homme, à l’enfance‖ enlevé par un songe !C’est un être nouveau,‖ dont le cœur affaméSent l’inquiet besoin‖ d’aimer et d’être aimé,Qui se livre en aveugle‖ au penchant qui l’entraîne,Et sans choix, court s’offrir‖ à la première chaîne.
C’EST un esclave enfin,‖ mais un esclave heureux,Qui jure par le ciel‖ de mourir dans ses nœuds,Qui, de douces erreurs‖ repaissant son ivresse,En idole, en Vénus‖ transforme sa maîtresse,Qui ne voit, qui ne sent‖ que l’objet adoré,Qui tout entier se voue‖ à son culte sacré,Ne reconnoît pour loi,‖ pour volonté suprême,Qu’un souhait, un regard,‖ un mot de ce qu’il aime,Et par excès d’amour‖ quelquefois sans desir,Sent humecter ses yeux‖ de larmes de plaisir.
SOUFFRE-T-IL les tourmens‖ attachés à l’absence ?Dans son cœur plus épris,‖ l’image qu’il encenseRespire, le poursuit,‖ assiège son sommeil,L’attend, et le saisit‖ à l’instant du réveil.Il prononce cent fois,‖ cent fois il croit entendreDe sa divinité‖ le nom si doux, si tendre.La foule l’importune ;‖ à ses plaisirs bruyansIl s’arrache, il s’enfonce‖ aux bosquets verdoyans.Là, couché sur les fleurs,‖ près d’une eau fugitive,Exhalant en soupirs‖ sa voix demi-plaintive,Il éveille en pleurant‖ l’écho qu’il attendrit.Heureux de sa blessure,‖ il l’aime ; il la nourrit.Impatient enfin‖ de languir loin des charmes,Que rappellent toujours‖ ses sanglots et ses larmes,Il se lève ; et s’il faut,‖ la nuit, pour tant d’appas,Sur les mers, à la nage‖ affronter le trépas,Déjà, nouveau Léandre,‖ il s’élance dans l’onde.Sur lui, d’un pôle à l’autre,‖ en vain la foudre gronde,En vain contre les rocs‖ mugit le flot brisé ;Il défie à la fois‖ et ce ciel embrasé,Et ces bruyans écueils,‖ et la vague écumante.Il aborde ; il s’élance‖ aux piés de son amante,Et pressé dans ses bras‖ jusqu’au réveil du jour,Les yeux demi-fermés,‖ il boit un long amour.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 254((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a terminée / l’année féminine, classiqueb d’or / encor masculine, classiquec hommage / image féminine, classiqued vers / l’Univers masculine, classiquee Nature / imposture féminine, classiquef couleurs / fleurs masculine, classiqueg modèle / infidèle féminine, classiqueh essais / succès masculine, classiquei touchante / chante féminine, classiquej destin / matin masculine, classiqueb pensée / tapissée féminine, classiquec enrichis / blanchis masculine, classiqued rivage / sauvage féminine, classiquee suspendus / étendus masculine, classiquef déploie / joie féminine, classiqueg cieux / dieux masculine, classiquea encore / décore féminine, classiqueb détour / tour masculine, classiquec ombreuse / amoureuse féminine, classiqued tourmens / sentimens masculine, classiquee mélancolie / s’oublie féminine, classiquea voix / bois masculine, classiqueb sauvage / rivage féminine, classiquec languissans / accens masculine, classiqued silence / balance féminine, classiquee vermeil / sommeil masculine, classiquef histoire / victoire féminine, classiqueg mort / bord masculine, classiqueb colonies / bannies féminine, classiquec éplorés / serrés masculine, classiqued puissance / naissance féminine, classiquee sédition / soumission masculine, classiquef industrie / patrie féminine, classiqueg travaux / nouveaux masculine, classiqueh ranimée / parfumée féminine, classiquea attristé / redouté masculine, classiqueb aîles / fidèles féminine, classiquec loix / autrefois masculine, classiqueb troyenne / Seine féminine, classiquec succès / français masculine, classiqued frappe / grappe féminine, classiquea ciel / miel masculine, classiqueb Iphilisse / mélisse féminine, classiquec embrassé / placé masculine, classiqued héritage / partage féminine, classiquee dépouiller / d’émailler masculine, classiquea merveilles / veilles féminine, classiqueb sœurs / douceurs masculine, classiquec foiblesse / molesse féminine, classiqued attrait / intérêt masculine, classiquee chante / touchante féminine, classiquef bergers / vergers masculine, classiqueg étude / solitude féminine, classiqueh desirs / loisirs masculine, classiquei plaise / Galèse féminine, classiquej vainqueur / cœur masculine, classiquek culture / nature féminine, classiquea jamais / sommets masculine, classiqueb Ausonie / génie féminine, classiquec tombeau / flambeau masculine, classiqued descendre / cendre féminine, classiquee regard / art masculine, classiquea courage / ouvrage féminine, classiqueb tumultueux / tortueux masculine, classiquec mousse / douce féminine, classiqued fugitifs / plaintifs masculine, classiquee humide / timide féminine, classiquef pasteur / lenteur masculine, classiqueb imbibée / courbée féminine, classiquec toison / gazon masculine, classiquea plaine / laine féminine, classiqueb bélier / lier masculine, classiquec armées / allarmées féminine, classiqued animaux / hameaux masculine, classiquee parure / verdure féminine, classiquef voix / mois masculine, classiqueb route / voûte féminine, classiquec éclatans / instans masculine, classiquec ravie / vie féminine, classiquea d’échapper / frapper masculine, classiqueb âge / feuillage féminine, classiquec exilé / rappellé masculine, classiqued s’allume / consume féminine, classiquee recours / secours masculine, classiquef atteinte / presqu’éteinte féminine, classiqueg éloigne-toi / moi masculine, classiqueh amante / mourante féminine, classiquei jour / d’amour masculine, classiquej lumière / paupière féminine, classiquek éperdus / plus masculine, classiquea allarmes / larmes féminine, classiqueb épuisé / embrâsé masculine, classiquec suivie / vie féminine, classiquea transport / port masculine, classiqueb être / naître féminine, classiquec yeux / radieux masculine, classiqued tendre / l’entendre féminine, classiquee l’amour / jour masculine, classiquea campagne / compagne féminine, classiqueb oiseaux / eaux masculine, classiquec prairies / rêveries féminine, classiqued touchans / champs masculine, classiquee retraite / poëte féminine, classiquea moi / loi masculine, classiqueb respire / empire féminine, classiquec enchanté / beauté masculine, classiqued dorure / parure féminine, classiquea voir / pouvoir masculine, classiqueb arcades / cascades féminine, classiquec souverain / d’airain masculine, classiqued amphibie / Nubie féminine, classiquee Vénus / demi-nuds masculine, classiquef immortelle / Praxitèle féminine, classiqueg décorer / qu’admirer masculine, classiqueh nature / l’aventure féminine, classiquei simplicité / cité masculine, classiquej symétrie / varie féminine, classiquek ormeaux / rameaux masculine, classiquel verdure / bordure féminine, classiquem s’arrondir / verdir masculine, classiquea bannie / l’harmonie féminine, classiqueb enclos / flots masculine, classiquec rapide / limpide féminine, classiqued frais masculine, classiquef verger / ranger masculine, classiqueg rassemble / ensemble féminine, classiqueh fleurs / couleurs masculine, classiqueb l’herbe / superbe féminine, classiquec dominé / incliné masculine, classiqued renoncule / canicule féminine, classiquee Cérès / forêts masculine, classiquef giroflée / étoilée féminine, classiqueg détours / pastours masculine, classiqueh famille / charmille féminine, classiquea s’embellir / cueillir masculine, classiqueb prestige / tige féminine, classiquec regret / reparoît masculine, classiqued sensitive / craintive féminine, classiquee autrefois / voix masculine, classiquea elle / belle féminine, classiqueb jour / amour masculine, classiquec paroître / champêtre féminine, classiqued fuit / suit masculine, classiquee larmes / charmes féminine, classiquef époux / genoux masculine, classiqueg l’audace / grâce féminine, classiqueh redoublés / troublés masculine, classiquei gloire / victoire féminine, classiquej appas / trépas masculine, classiquea flétrissent / hérissent féminine, classiqueb couvert / verd masculine, classiquec agiles / immobiles féminine, classiqued toujours / amours masculine, classiquee nouvelle / criminelle féminine, classiquea l’essaim / sein masculine, classiqueb sauvages / rivages féminine, classiquec inconstans / printems masculine, classiqued répandre / descendre féminine, classiquea repris / fleuris masculine, classiqueb applanie / d’harmonie féminine, classiquec incarnat / l’éclat masculine, classiquea terre / tonnerre féminine, classiqueb orageux / feux masculine, classiquea consume / écume féminine, classiqueb desirs / zéphyrs masculine, classiquec Thrace / trace féminine, classiqued frappé / escarpé masculine, classiquee l’arrête / conquête féminine, classiquef côtés / indomptés masculine, classiqueb Hélène / plaine féminine, classiquec flanc / sang masculine, classiquee desirs / plaisirs masculine, classiquea fragile / agile féminine, classiqueb ébranlés / redoublés masculine, classiquec arrachée / jonchée féminine, classiqued fastueux / majestueux masculine, classiquea haleine / plaine féminine, classiqueb mers / amers masculine, classiquec chérie / industrie féminine, classiqued sentiment / d’amant masculine, classiquee l’enferme / germe féminine, classiquef flots / eaux masculine, classiqueh jour / tour-à-tour masculine, classiquei développe / l’enveloppe féminine, classiquej saison / prison masculine, classiquek plage / feuillage féminine, classiquel chansons / poissons masculine, classiquea glace / surface féminine, classiqueb profond / front masculine, classiqued écartés / portés masculine, classiquee noire / nageoire féminine, classiquea loix / bois masculine, classiqueb tranquille / agile féminine, classiquec rigueur / langueur masculine, classiqued d’elle / d’aîle féminine, classiquea sensible / invincible féminine, classiqueb cœurs / odeurs masculine, classiquee vieillesse / jeunesse féminine, classiquea hyvers / l’univers masculine, classiqueb ombragée / affligée féminine, équivalentec brouillards / regards masculine, classiqued demeures / heures féminine, classiquea l’amour / retour masculine, classiqueb première / chaumière féminine, classiquec présentés / côtés masculine, classiqued amoureuse / heureuse féminine, classiquee navigeant / d’argent masculine, classiquef fauvette / l’alouette féminine, classiquea encore / l’aurore féminine, classiqueb curieux / yeux masculine, classiqued créateur / générateur masculine, classiquee même / aime féminine, classiquef poursuit / s’enfuit masculine, classiqueg ensemble / rassemble féminine, classiqueh l’adolescent / florissant masculine, classiquei recèle / étincelle féminine, classiquej efforts / forts masculine, classiquea perdue / descendue féminine, classiqueb travaux / pavots masculine, classiquec feuillage / âge féminine, classiqued l’embellit / pâlit masculine, classiquee ramène / soudaine féminine, classiquef beauté / volupté masculine, classiquea plonge / songe féminine, classiqueb affamé / aimé masculine, classiquec l’entraîne / chaîne féminine, classiquea heureux / nœuds masculine, classiqueb ivresse / maîtresse féminine, classiquec adoré / sacré masculine, classiqued suprême / aime féminine, classiquee desir / plaisir masculine, classiquea l’absence / encense féminine, classiqueb sommeil / réveil masculine, classiquec entendre / tendre féminine, classiqued bruyans / verdoyans masculine, classiquee fugitive / demi-plaintive féminine, classiquef attendrit / nourrit masculine, classiqueg charmes / larmes féminine, classiqueh d’appas / trépas masculine, classiquei l’onde / gronde féminine, classiquej brisé / embrasé masculine, classiquek écumante / amante féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
508 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Moïs, Paris, imprimerie de Quillau, 1779· numérisation wikisource.org· Sources