Les Mois, 1779· Les mois d’automne
Octobre
BATTEZ, bruyans tambours,‖ battez de rive en rive.Il paroît, c’est lui-même ;‖ il avance, il arrive :Oui, c’est lui. Je le vois‖ sur les monts d’alentour :Battez, et de Bacchus‖ annoncez le retour.
ÉVEILLEZ-VOUS, buveurs,‖ hâtez-vous ; le tems presse,Hâtez-vous ; du sommeil‖ secouez la paresse.Aux scènes de plaisir‖ qui renaissent pour vous,Moi, prêtre de Bacchus,‖ je vous invite tous.Marchons : mais écartez‖ de nos fêtes mystiquesCes Lycurgues nouveaux,‖ ces Thraces fanatiques,D’une sainte liqueur‖ profanes ennemis ;Écartons-les. Vous seuls,‖ ô mes rians amis !Vous, dignes d’assister‖ à nos sacrés mystères,Sortez à flots nombreux‖ de vos toîts solitaires :Courons, et de l’Ister‖ au Tâge répandus,Assiégeons les raisins‖ au côteau suspendus.Redoublons du français‖ la brillante allégresse ;Faisons pour un moment‖ oublier à la GrèceLe poids honteux des fers‖ dont gémit sa beauté ;Que le grave espagnol‖ déride sa fierté ;À sa longue paresse‖ arrachons l’Auzonie ;Échauffons, égayons‖ la froide Pannonie ;Et que de flots de vin‖ tous les suisses trempésDansent sur le sommet‖ de leurs rocs escarpés.
DIEUX, quel riant tableau !‖ Mille bandes légères,Les folâtres pasteurs,‖ les joyeuses bergères,Les mères, les époux,‖ les vieillards, les enfans,Remplissent les chemins‖ de leurs cris triomphans.Déjà s’offre aux regards‖ de cette agile arméeLe rempart épineux‖ dont la vigne est fermée.Avide des trésors‖ dont elle s’enrichit,Déjà d’un pié léger‖ chacun d’eux le franchit.Nul sep n’est épargné.‖ Par-tout je vois la grappeTomber sous le tranchant‖ du couteau qui la frappe ;Je vois deux vendangeurs‖ de pampre couronnés,Et du jus des raisins‖ goutte à goutte baignés,Au pié de la colline‖ où la vigne commence,Descendre sous le faix‖ d’une corbeille immense ;Je les vois, dans les flancs‖ de vingt tonneaux fumeux,Faire couler des seps‖ les esprits écumeux ;Et sur un char, pareil‖ au char qui dans la GrèceDe l’antique Thespis‖ promenoit l’allégresse,Ranger, en célébrant‖ les louanges du vin,Ces tonneaux, où s’apprête‖ un breuvage divin.
PLUS loin, règnent les jeux‖ d’une aimable folie.D’un geste, d’un bon mot‖ l’un agace Ismélie,Puis, ravit en passant‖ un baiser à Phylis :L’autre écrase en ses doigts‖ les grains qu’il a cueillis :Et vient furtivement‖ rougir le front d’Aline :Un rire fou circule‖ autour de la colline,En éclats s’y prolonge,‖ et se mêle aux travauxQui doivent d’un vin pur‖ enrichir nos caveaux.
CEPENDANT le jour fuit ;‖ il se hâte d’atteindreAux portes d’occident,‖ où ses feux vont s’éteindre :Vesper a déployé‖ ses humides drapeaux,Et son sceptre d’ébène‖ appelle le repos.Des côteaux dépouillés‖ soudain quittant la croupe,Les bruyans vendangeurs‖ se rassemblent en troupeAux deux côtés du char,‖ qui de fleurs est voilé,Et de quatre chevaux‖ sur deux rangs attellé.Sous les tonneaux vineux‖ que le pampre décore,Il s’ébranle : ô tambours,‖ battez, battez encore !Il marche ; et mille voix‖ répètent ces chansons :« Amis, point de soucis ;‖ amis, buvons, dansons,» Buvons, et comme nous‖ faisons boire nos belles ;» Le vin, mieux que l’amour,‖ domptera les rebelles ;» Le vin échauffera‖ la maîtresse et l’amant ;» Buvons : qui ne boit pas‖ doit aimer froidement. »Arrivés au pressoir,‖ du milieu de la fouleUn couple pétulant‖ s’élance, écrase, fouleSous ses bonds redoublés‖ les grappes en monceaux ;Le vin jaillit, écume‖ et fuit à longs ruisseaux.À ces ruisseaux pourprés‖ enyvrez-vous ensemble,Ô vous tous, que la soif‖ près des cuves rassemble ;Creusez vos mains en coupe,‖ et que sur vos habitsDe vos mentons rians‖ le vin coule en rubis :D’un bachique repas‖ couronnez la journée.Les soucis, les travaux,‖ les sueurs de l’annéeVous méritent assez‖ ce bonheur d’un moment.
QUOI ! La bêche et la serpe‖ auront incessamment,De votre plant tardif‖ châtié la paresse !Quoi ! Du feuillage vain,‖ dont le luxe l’oppresse,Par deux fois, tous les ans,‖ vous l’aurez dégagé !Cent fois vous aurez craint‖ que de grêle chargé,L’été contre vos fruits‖ ne déchaînât l’orage !Et lorsque la nature‖ a béni votre ouvrage,Lorsque de vos labeurs‖ vous dispensant le prix,Elle vous rend les jeux,‖ les festins et les ris,Des jeux et des festins‖ un ennemi faroucheViendra faire expirer‖ les ris sur votre bouche ;Vous dira que des dieux‖ les décrets solemnelsOnt condamné la terre‖ à des pleurs éternels ;Qu’ils nous font de la joie‖ une sage défense,Et que leur majesté‖ de nos plaisirs s’offense !Tu l’offenses toi seul,‖ augure du malheur ;Oui, toi seul. Le plaisir‖ est une heureuse fleur,Dont ces dieux indulgens,‖ que blasphême un faux sage,De nos jours épineux‖ ont semé le passage.De ses parfums en paix‖ respirons les douceurs ;Et laissant contre nous‖ tonner ces noirs censeurs,Qui, tristement rongés‖ d’un fiel atrabilaire,Ont fait un dieu, comme eux‖ et jaloux et colère,Cessons de redouter‖ leurs funèbres tableaux,Et tous leurs préjugés,‖ de l’imposture éclos.
HEUREUX jours, où les dieux‖ habitoient les campagnes,Où Pan, Flore et Cérès,‖ Diane et ses compagnes,De mensonges rians‖ fascinoient les mortels,Et voyoient l’allégresse‖ encenser les autels ;Qu’êtes-vous devenus,‖ beaux-jours que je regrette !Qu’il étoit doux alors‖ d’habiter la retraiteD’une grotte, d’un bois ;‖ et dans les champs voisins,De voir l’or des épis‖ et l’azur des raisins !Alors l’illusion,‖ pour consoler la terre,Offroit des dieux amis‖ à l’homme solitaire,Des dieux, qui comme lui,‖ citoyens des hameaux,Avoient connu long-tems‖ ses plaisirs et ses maux.Ces pins religieux,‖ ces vénérables hêtresÉtoient l’asyle aimé‖ des déités champêtres ;Chacun d’eux, jusqu’au jour‖ marqué par son trépas,D’une aimable dryade‖ enfermoit les appas :Elle le défendoit‖ des fureurs de l’orage,Et pour l’homme-berger‖ en nourrissoit l’ombrage.Le raisin n’étoit pas‖ un fruit inanimé ;C’étoit Bacchus lui-même,‖ en grappe transformé,Sur la jeune Érigone‖ étendant son feuillage.L’amant, que trahissoit‖ une amante volage,Couché languissamment‖ sur un lit de roseaux,Contoit son infortune‖ à la nymphe des eaux.Et le bruïssement‖ de la vague tremblanteÉtoit alors pour lui‖ cette voix consolante,Dont l’amitié fidèle‖ assoupit nos douleurs ;Et l’amant soulagé‖ laissoit tomber des pleurs.
RAPPELLERAI-JE ici‖ quelle adroite impostureSut encor de nos champs‖ ranimer la culture ?Rival du loup vorace‖ et du taureau meuglant,L’homme, jadis sans mœurs,‖ se repaissoit de gland,Lorsque les saintes loix,‖ créant une patrie,Promirent l’abondance‖ à l’active industrie.Dans le flatteur espoir‖ de mille biens nouveaux ;L’homme voua ses mains‖ à de rudes travaux :Mais bientôt la fatigue‖ épuisa son courage ;Et regrettant des bois‖ le paresseux ombrage,Sa vigueur négligea‖ de tourmenter son champ.La rouille alloit enfin‖ ronger le soc tranchant ;Il fuyoit : tout-à-coup,‖ père d’heureux mensonges,De la fable, à ses yeux,‖ un sage offrit les songes :Il lui dit que du ciel‖ les sublimes moteursEn avoient, pour les champs,‖ déserté les hauteurs ;Que Cérès elle-même,‖ aux mortels apparue,Leur avoit apporté‖ le soc de la charrue,Et que ces grains dorés,‖ nourriciers des humains,Étoient encor pour eux‖ un présent de ses mains.L’homme, honteux alors‖ de sa lâche foiblesse,Du soc cultivateur‖ admira la noblesse ;Et fier de partager‖ la gloire de Cérès,Pesant sur la charrue,‖ il creusa des guérets.
AH ! S’ils vivoient encor‖ ces mensonges utiles,Sans doute nous verrions‖ nos plaines plus fertiles,Et l’indigence en pleurs‖ ne les ouvriroit pas !Mais les champs à nos yeux‖ languissent sans appas :L’orgueil de notre faste,‖ outrageant la nature,Dédaigne les mortels‖ voués à leur culture.Que serions-nous pourtant,‖ si l’essaim des besoinsN’imposoit à leurs bras‖ un long tribut de soins ?C’est lui, qui sur le sol‖ de leur étroit domaineÀ l’oisive charrue‖ aujourd’hui les ramène.Ils placent sous le joug‖ leurs taureaux vigoureux ;Le soc brille, rongé‖ par le sillon poudreux :Le semeur y répand‖ d’une égale mesureCe froment, que l’été‖ doit rendre avec usure.Sur les pas du semeur,‖ la herse lentementRampe, et brisant la glèbe,‖ encouvre le froment.
HOMMES laborieux,‖ votre tâche est remplie.Et vous, par qui tout naît,‖ vit et se multiplie,Dieux bons, dieux paternels !‖ C’est à vous à présentDe jetter sur ces grains‖ un regard bienfaisant.Ordonnez que l’amas‖ de ces eaux suspendues,Pour noyer nos sillons‖ trop de fois répandues,Ne fonde point sur eux :‖ mais qu’errant dans les airs,Il s’épanche en torrents‖ sur des climats déserts ;Mais qu’une douce ondée‖ abreuve la campagne ;Mais que d’un jour serein‖ la chaleur l’accompagne ;Mais que d’un verd naissant‖ le sillon surmontéDe son dos inégal‖ cache la nudité,Et de loin à nos yeux‖ présage l’abondance.Ordonnez aux brouillards‖ que l’automne condense,Lorsqu’éteignant les feux‖ de l’occident vermeil,La nuit a ramené‖ les heures du sommeil,Dieux bons ! Ordonnez-leur‖ que la terre humectéePar eux d’un air impur‖ ne soit point infectée.Souvent dans les brouillards,‖ qui couvrent l’horizon,Le scorpion céleste‖ a lancé son poison.Alors de la beauté‖ les roses se flétrissent ;Du jeune-homme pâli‖ les forces dépérissent ;Et la tombe, sans cesse‖ ouverte sous nos pas,Appelle le vieillard‖ des langueurs au trépas.Oh ! Que de fois alors,‖ la peste au vol immondePour assouvir l’enfer‖ a parcouru le monde !Hélas ! Ils sont encor‖ présens à nos douleurs,Ces jours rendus fameux‖ par l’excès de malheurs,Ces jours, où succombant‖ sous ce monstre homicide,Des portes de l’aurore‖ aux colonnes d’Alcide,Du foyer du midi‖ jusqu’aux glaces du nord,La moitié des humains‖ s’engloutit dans la mort !
VERS les bois, où se perd‖ le sauvage Tartare,Les flots empoisonnés‖ que roule le Ténare,Par un gouffre entr’ouvert‖ le vomirent au jour.Trop resserré bientôt‖ dans cet obscur séjour,Le monstre, déployant‖ ses aîles ténébreuses,Vole au Cathay, s’abbat‖ sur ses villes nombreuses,Les comble de mourans‖ entassés sous des morts ;Reprend son vol ; du Gange‖ atteint les riches bords,Les transforme en passant‖ en vaste cimetière ;Du superbe Mogol‖ traverse la frontière ;Remplit de ses poisons‖ l’empire des sophis,Les murs de Constantin,‖ l’Arabie et Memphis ;Franchit les hauts rochers,‖ d’où le Nil roule et tombe ;Fléau des nubiens,‖ les plonge dans la tombe ;Abbat le grand-négus,‖ son peuple, ses enfans ;Frappe la Côte D’Or,‖ celle des éléphans ;Dévaste le Zaïre,‖ et les forêts sauvages,Qui du frère du Nil‖ couronnent les rivages ;Perce du vieux Atlas‖ les sommets orageux,De cadavres infects‖ couvre ses rocs nègeux ;Une seconde fois‖ fait expirer Carthage ;Vole au-delà des mers‖ jusqu’aux sources du Tage ;Rend veuves d’habitans‖ ses antiques cités ;Mêle ensemble et l’ibère‖ et le maure indomptés ;Entre eux et le français‖ quelque tems en balance,Des monts pyrénéens‖ sur les Alpes s’élance ;Par monceaux, livre en proie‖ à l’avide PlutonLes lâches descendans‖ d’émile et de Caton ;De tous ses potentats‖ purge la Germanie ;Des ducs de la Newa‖ punit la tyrannie ;Ronge avec leurs troupeaux‖ les bergers du Lapland,Brave les feux d’Hécla,‖ parcourt le Groënland,Touche au pôle ; et soudain‖ retournant sur sa trace,Dévore tout le nord‖ que l’océan embrasse,S’acharne sur le belge,‖ et dans les champs français,Par des excès plus grands‖ vient combler ses excès.
D’ABORD cédant aux coups‖ de la Parque inhumaine,Les animaux en foule‖ accrurent son domaine.Le cerf au pied léger,‖ la chèvre au crin pendant,Et le bœuf pacifique,‖ et le coursier ardent,Et la brebis si douce,‖ et le chien si fidèle,Et le plaintif oiseau‖ des amans le modèle,De leurs corps infectés‖ couvrirent les chemins.Le mal plus irrité‖ passant jusqu’aux humains,Bientôt on ne vit plus‖ que de hideux fantômes,Qui d’un air corrompu‖ respirant les atômes,Se traînoient et tomboient.‖ Leurs yeux sombres, hagardsBrûloient d’un feu de sang,‖ lançoient d’affreux regards.La douceur du sommeil‖ vainement attendue,Sur leur corps tout entier‖ une lèpre étendue,Leurs poûmons tourmentés‖ des accès de la toux,L’insatiable soif‖ qui les dévoroit tous,Enfin de mille maux‖ l’exécrable assemblage,N’épargnant ni le rang,‖ ni le sexe, ni l’âge,Ni l’innocent amour,‖ ni la sainte amitié,Bientôt de nos ayeux‖ eût ravi la moitié.Ils mouroient. Chaque instant‖ voyoit hors des muraillesS’avancer, tout rempli,‖ le char des funérailles.Nulle voix ne suivoit‖ ce mobile tombeau :Sans parens, sans amis,‖ sans prêtre, sans flambeau,Solitaire, il marchoit.‖ À ces monceaux livides,Une fosse profonde‖ ouvroit ses flancs avides ;Et dans son large sein‖ les cadavres versésY tomboient en roulant‖ l’un sur l’autre entassés.Durant vingt mois entiers,‖ par ce ravage horrible,Se signala des dieux‖ la colère terrible ;Rien ne fut épargné :‖ l’impureté des airsDépeuple tous les lieux,‖ et les change en déserts.
DANS les champs fortunés,‖ que l’Hyerre timideEnrichit lentement‖ de son tribut humide,Long-tems aimé des cieux,‖ un hameau, dans son sein,De cent cultivateurs‖ cachoit l’heureux essaim.Détrompé de la cour,‖ et honteux de ces briguesQui mènent aux honneurs‖ par de viles intrigues,Philamandre, au milieu‖ des champêtres humains,Se nourrissoit en paix‖ du travail de ses mains.D’une fille et d’un fils‖ la vertu florissanteOrnoit de ce nestor‖ la vieillesse innocente.Pour lui sur le côteau‖ mûrissoit le raisin ;Cinquante agneaux paissoient‖ l’émail d’un pré voisin ;Quelques fleurs au printems‖ lui formoient un parterre ;Et quand des blonds épis‖ il dépouilloit la terre,Quand des flots d’un lait pur‖ écumoient sous ses doigts,Sa richesse égaloit‖ la richesse des rois.Hélas ! Qu’il dura peu‖ le bonheur de ce sage !Le fléau destructeur‖ vers lui s’ouvre un passage,Emporte ses troupeaux,‖ et rongeant les mortels,Frappe l’homme sacré‖ qui prioit aux autels :Puis, du toît solitaire,‖ où le pontife expire,Sur le peuple des champs‖ il étend son empire.Déjà plus d’une mère‖ a répandu des pleurs ;Déjà chaque cabane‖ est en proie aux douleurs.Le vieillard, au milieu‖ des publiques allarmes,Lui seul n’a point encor‖ à répandre des larmes.Il voit Linda, Sainmaurt‖ du fléau respectés.Pour dérober leurs jours‖ à ses traits infectés,Dans le temple désert‖ le vieillard se transporte ;Sur lui, sur ses enfans‖ il en scelle la porte,Saisi d’un saint effroi‖ s’avance vers l’autel,L’embrasse, s’y prosterne,‖ et s’écrie : « Immortel !» Des fléaux de la terre‖ auteur impénétrable,» Quand désarmeras-tu‖ ton glaive inexorable ?» Quoi ! Tu détruis ainsi‖ l’ouvrage de tes mains !» Ne serois-tu donc plus‖ le père des humains ?» Ah ! Du moins en faveur‖ de nos humbles chaumières,» Rappelle, dieu clément,‖ tes bontés coutumières !» Par cet autel sacré,‖ d’où l’encens autrefois» Vers ton trône éternel‖ montoit avec nos voix,» Par les pleurs, dont souvent‖ j’ai baigné tes portiques,» Par mes cheveux blanchis‖ dans les travaux rustiques,» Laisse, laisse ma race‖ au nombre des vivans ;» Cache-la dans ton temple‖ au souffle impur des vents ;» Ou s’il doit pénétrer‖ ton auguste demeure,Le premier de ma race,‖ ordonne que je meure. »
IL dit. Sous l’épaisseur‖ d’un voile ensanglanté,Neuf fois l’astre du jour‖ obscurcit sa clarté,Et neuf fois de la nuit‖ les ombres lui succèdent :Lorsqu’enfin succombant‖ aux terreurs qui l’obsèdent,Philamandre s’endort.‖ De la faveur des cieuxUn songe le berçoit.‖ Songe fallacieux !Tout-à-coup un long cri‖ l’éveille. Aux lueurs sombres,Qu’une lampe mourante‖ épanche dans les ombres,Il découvre Linda,‖ qui l’œil fixe, égaréSe traîne, et va tomber‖ sur le marbre sacré.Il court avec Sainmaurt,‖ il pleure ; et sa tendresse,Sur son sein palpitant‖ la soutient et la presse :Mais repoussant le bras‖ qui la veut secourir,« Éloignez-vous, mon père,‖ et laissez-moi mourir. »À ces mots, et de sang‖ et d’écume souillée,Et de ses derniers pleurs‖ la face encor mouillée,Linda roidit son corps‖ par ses mains déchiré.Le vieillard la confie‖ au jeune-homme éploré,Et sort pour invoquer‖ une main salutaire.
L’AUBE pâle guidoit‖ sa marche solitaire.Il s’avance ; et son œil‖ ne voit de toutes partsQue des restes meurtris‖ sur la poussière épars.De cabane en cabane‖ à grands pas il s’élance,Et par-tout, du tombeau‖ le ténébreux silenceTout est mort. Égaré,‖ pâlissant de terreur,Mais adorant encor‖ les cieux dans leur fureur,Il retourne éperdu‖ vers la demeure sainte ;Des hurlemens affreux‖ en remplissoient l’enceinte.Il appelle sa fille.‖ Ô tableau déchirant !Sa fille est expirée,‖ et son fils est mourant.« Dieu cruel ! J’avois cru‖ ta vengeance assouvie,Et de mon fils encor‖ tu m’arraches la vie !Achève, prends la mienne.‖ Ô Sainmaurt, attends-moi !Je demandois au ciel‖ de mourir avant toi ;Et c’est moi, malheureux,‖ qui vois ta dernière heure !Mes enfans ne sont plus ;‖ je les perds… que je meure ! »Attaché sur son fils,‖ il pleuroit ; et la mortDans les bras paternels‖ avoit frappé Sainmaurt.Déjà d’un feu rongeur‖ atteint jusqu’aux viscères,Lui-même, il est couvert‖ de livides ulcères.Il se relève, il tombe,‖ il meurt en gémissant,Le dernier de sa race‖ et d’un peuple innocent.
TOUS les ans, il est vrai,‖ l’automne moins funesteNe souffle point sur nous‖ les horreurs de la peste ;Mais toujours, de brouillards‖ resserrant l’horizon,Il change la campagne‖ en humide prison ;Jaloux du roi brillant‖ qui verse la lumière,Dépouille ses rayons‖ de leur chaleur première,Du sang et des humeurs‖ trouble en nous les accords,Énerve notre force‖ allume dans nos corpsLes ardeurs de la fièvre‖ à la soif dévorante,Et livre au noir ciseau‖ notre vie expirante,Aussi le dieu du mal ;‖ jadis à ses autels,En ce mois ténébreux,‖ voyoit-il les mortelsHumilier leurs fronts,‖ et tout pâles d’allarmes,L’environner d’encens,‖ de prières, de larmes.Memphis, croyant alors‖ que ce dieu redoutéTriomphoit du soleil,‖ en voiloit la clarté,Memphis du roi des airs‖ déploroit la foiblesse :« Il languit, disoit-elle,‖ accablé de vieillesse.» Qui pourra lui prêter‖ un salutaire appui !» Typhon dans son courroux‖ s’est armé contre lui. »Fidèles héritiers‖ de ces pensers funèbres,Les grecs vouoient ce mois‖ au démon des ténèbres.Ils alloient, éclairés‖ de nocturnes flambeaux,Arroser de leurs pleurs‖ la cendre des tombeaux,Et sous le nom sacré‖ de fêtes parentales,Solliciter du Styx‖ les déités fatales.Le Capitole enfin,‖ d’Athène imitateur,Fit regner sur ce mois‖ un dieu dévastateur,Mars, qui des élémens‖ éternisant la guerre,Combat les dieux, amis‖ du bonheur de la terre.
CEPENDANT aux rigueurs‖ de ces fléaux divers,Que le perfide automne‖ épand sur l’univers,Résigne-toi, mortel ;‖ et foible créature,Ne vas point d’injustice‖ accuser la nature.Elle te répondroit :‖ « ne m’accuse de rien.» Le mal est nécessaire ;‖ il l’est comme le bien.» Soumise aveuglément‖ à ce double génie,» Je cède, et je leur dois‖ ma constante harmonie.» Mais détruis un instant‖ l’un de ces deux rivaux,» Ce que tu crois le mieux‖ devient l’excès des maux.» Écoute ; et que ton cœur,‖ dont la plainte m’outrage,» Cesse d’imaginer‖ un plus parfait ouvrage.» Ce vent qui de la terre‖ entrouvrant la prison,» De la peste en cent lieux‖ souffla le noir poison,» Tu veux l’anéantir,‖ ou du moins ne l’entendre» Que murmurant à peine‖ en zéphyr doux et tendre.» Eh ! Tu ne sais donc point‖ qu’un plus affreux revers» S’en va dès ce moment‖ ravager l’univers ?» Au lieu de cette peste‖ errante et passagère,» Que le tems emporta‖ sur son aîle légère,» Par-tout un air infect‖ s’apprête à t’investir.» Des prés marécageux,‖ où tu vois s’engloutir» Les végétaux dissous‖ qui corrompent l’automne ;» De ces champs de bataille,‖ où le bronze qui tonne» De cadavres pressés‖ forme un trône à la mort ;» De ces lacs, de qui l’eau‖ sur la fange s’endort ;» Enfin du lit impur‖ des mines, des carrières,» Déjà montent vers toi‖ des vapeurs meurtrières.» Le vent, qui de ton ciel‖ ne trouble plus la paix,» Leur permet de s’étendre‖ ainsi qu’un fleuve épais :» Bientôt ce globe entier‖ n’est plus qu’un gouffre immonde.» C’en est fait ; et la Parque‖ a dépeuplé le monde.» Mais rappelle ces vents ;‖ que d’un bruyant essor,» Répandus sur la terre,‖ ils y règnent encor :» Vois-tu de mille biens‖ leur liberté suivie ?» Ils ont soufflé la mort,‖ ils répandent la vie.» Des autres élémens‖ suis encor les effets :» Par-tout aux maux qu’ils font‖ succèdent les bienfaits.» Si le feu dévorant‖ embrase mes entrailles,» M’ébranle, me déchire,‖ engloutit tes murailles,» Sert en foudres tonnans‖ l’injustice des rois,» Et des peuples vaincus‖ anéantit les droits ;» Ce feu, nourri des sucs‖ que l’abeille distille,» Pour te rendre le jour‖ brille en flamme subtile :» Tes alimens, par lui‖ doucement préparés,» Nourrissent de ton sang‖ les ruisseaux épurés,» Et lorsque j’ai perdu‖ ma dernière verdure,» Il chasse loin de toi‖ la piquante froidure.» L’eau traverse en torrens‖ tes vallons ravagés,» Traîne ensemble et troupeaux‖ et pasteurs submergés,» Sur l’océan d’Atlas,‖ théâtre de naufrages,» Dans toute leur fureur‖ déchaîne les orages ;» Aux vaisseaux, écrasés‖ sous le poids des typhons,» Ouvre près du Cathay‖ des abymes sans fonds ;» Du commerçant paisible‖ engloutit l’industrie,» Et sauve un conquérant,‖ fléau de la patrie :» Mais l’eau t’abreuve aussi.‖ L’eau promène tes mâts» Des bords où tu naquis,‖ aux plus lointains climats,» Roule en fleuves féconds,‖ tombe en douce rosée ;» Et la terre pour toi‖ renaît fertilisée.» Ingrat à ses bienfaits,‖ si tu dis que son sein» Étale de poisons‖ un innombrable essaim ;» Si tu veux ajouter,‖ qu’en ses profonds abymes,» Elle n’enfante l’or‖ que pour nourrir les crimes ;» Qu’elle arme le héros‖ d’un glaive destructeur,» Qu’elle trahit l’espoir‖ du soc cultivateur,» Et que dans ses guérets,‖ où la rouille domine,» Souvent le laboureur‖ moissonne la famine :» Moi, je t’opposerai‖ les biens et les plaisirs,» Qu’elle présente en foule‖ à tes vastes desirs.» Tu les verras des maux‖ corriger l’influence,» Et Typhon, comme Horus,‖ demeurer en balance.» Enfin voyant qu’au sage,‖ ainsi qu’au scélérat,» La nuit prête son ombre,‖ et le jour son éclat.» Dis : il faut qu’en son sein‖ la nature rassemble» Les biens mêlés aux maux,‖ et qu’ils germent ensemble. »
QUE répondre à sa voix ?‖ Ah ! D’un sort plus heureux,Défendons à nos cœurs‖ les chimériques vœux :Assez de biens encor‖ embellissent la vie.Pour tromper les langueurs‖ dont l’automne est suivie,Rallions nos amis,‖ et laissons au plaisirLe soin de nous filer‖ les jours d’un doux loisir ;Ou si des bois jaunis‖ perçant la solitude,Ma muse s’abandonne‖ aux rêves de l’étude,Non loin de moi, la hâche,‖ à grands coups redoublés,Attristant les échos‖ dans leurs grottes troublés,Je m’avance ; je vois‖ les tiges renversées,Et de grandes leçons‖ nourrissent mes pensées.
EH ! Comment en effet‖ contempler froidementCes forêts, de la terre‖ autrefois l’ornement,Aujourd’hui par le fer‖ de leur sol arrachées,Et par tronçons épars‖ sur le sable couchées !Ces platanes rians,‖ sous qui d’heureux buveursDu père des raisins‖ célébroient les faveurs ;Et ces pins et ces ifs,‖ dont la noire verdureRepoussa trois cens ans‖ les traits de la froidure ;Ces hêtres, ces cormiers,‖ ces frênes, ces ormeaux,Qui répandoient leur sève‖ en immenses rameaux,Et le haut peuplier‖ et le chêne robuste,Entassés, confondus‖ avec le frêle arbuste,Ne rappellent-ils point‖ ces sanglans bataillons,Dont le bras de la guerre‖ a jonché nos sillons ?Dieux ! Comme à cet aspect‖ mon ame consternée,Des ministres de Mars‖ a plaint la destinée !Si leur sang généreux,‖ répandu pour l’honneur,Du moins de la patrie‖ eût accru le bonheur,J’envîrois leur trépas.‖ Mais ô gloire infertile !À leurs concitoyens‖ leur mort est inutile.Que dis-je ? Ils n’ont prêté‖ leur glaive aux conquéransQue pour mettre la terre‖ aux chaînes des tyrans.Oh ! Que j’aime bien mieux‖ les destins honorables,Dont jouiront encor‖ ces tiges vénérables !Bien-tôt, sous l’humble toît‖ qu’habite le malheur,Elles rendront au pauvre‖ une douce chaleur.Dans le vague des airs,‖ ici, je les contempleCouronnant d’un lambris‖ le haut faîte d’un temple :Je les vois en remparts‖ ceindre les flots amers,Et cacher le Batave‖ à la fureur des mers.Je vois encor, je vois‖ la superbe VeniseSur des troncs cimentés‖ pompeusement assise ;Elle est reine des eaux.‖ Et vous, qui destinésÀ maîtriser Neptune‖ et les vents mutinés,De Brest et de Toulon‖ devez couvrir l’arène,Gigantesques sapins,‖ vieux enfans de Pyrène,Quel exemple offrez-vous‖ à l’homme ambitieux,En tombant de ces rocs,‖ d’où vous touchiez aux cieux !
VOUS viviez suspendus‖ sur d’immenses abymes ;Des glaçons, élevés‖ au-dessus de vos cimes,Vous couvroient d’une enceinte,‖ où vos rangs plus épaisEt vos bras toujours verds‖ se déployoient en paix ;Votre auguste vieillesse‖ insultoit aux tempêtes.Les torrens à vos pieds,‖ la foudre sur vos têtes,Sans jamais vous blesser,‖ rouloient ; et loin de vousSur des rocs déchargés‖ se perdoit leur courroux.Il respectoit des troncs,‖ qui dans leur premier âgeVirent Cézar, Pompée‖ errans sous leur ombrage,Et mille autres héros,‖ par un nouveau chemin,Contre l’èbre indompté‖ guidans l’aigle romain.Vous désarmiez le tems :‖ le tems à chaque lustreSembloit prendre plaisir‖ à croître votre lustre.Vous aviez tressailli‖ d’orgueil, lorsque nos lysPassèrent sous votre ombre,‖ et que le grand Louis,Ressuscitant les droits‖ de sa noble compagne,Choisit dans ses neveux‖ un monarque à l’Espagne.
MAIS à quoi sert la gloire ?‖ Hélas ! D’un fer jaloux,Le grossier bucheron‖ s’arme et frappe sur vous.Envain s’agite encor‖ votre tête indignée ;C’en est fait : votre honneur‖ tombe sous la coignée,Et maintenant, ô rois,‖ instruisez-vous ! Le sortFrappe ainsi votre orgueil,‖ et l’éteint dans la mort.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 270((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a rive / arrive féminine, classiqueb d’alentour / retour masculine, classiquea presse / paresse féminine, classiqueb vous / tous masculine, classiquec mystiques / fanatiques féminine, classiqued ennemis / amis masculine, classiquee mystères / solitaires féminine, classiquef répandus / suspendus masculine, classiqueg allégresse / Grèce féminine, classiqueh beauté / fierté masculine, classiquei l’Auzonie / Pannonie féminine, classiquej trempés / escarpés masculine, classiquea légères / bergères féminine, classiqueb enfans / triomphans masculine, classiquec armée / fermée féminine, classiqued s’enrichit / franchit masculine, classiquee grappe / frappe féminine, classiquef couronnés / baignés masculine, classiqueg commence / immense féminine, classiqueh fumeux / écumeux masculine, classiquei Grèce / l’allégresse féminine, classiquej vin / divin masculine, classiquea folie / Ismélie féminine, classiqueb Phylis / cueillis masculine, classiquec d’Aline / colline féminine, classiqued travaux / caveaux masculine, classiquea d’atteindre / s’éteindre féminine, classiqueb drapeaux / repos masculine, classiquec croupe / troupe féminine, classiqued voilé / attellé masculine, classiquee décore / encore féminine, classiquef chansons / dansons masculine, classiqueg belles / rebelles féminine, classiqueh l’amant / froidement masculine, classiquei foule féminine, classiquej monceaux / ruisseaux masculine, classiquek ensemble / rassemble féminine, classiquel habits / rubis masculine, classiquem journée / l’année féminine, classiquen moment / incessamment masculine, classiqueb paresse / l’oppresse féminine, classiquec dégagé / chargé masculine, classiqued l’orage / ouvrage féminine, classiquee prix / ris masculine, classiquef farouche / bouche féminine, classiqueg solemnels / éternels masculine, classiqueh défense / s’offense féminine, classiquei malheur / fleur masculine, classiquej sage / passage féminine, classiquek douceurs / censeurs masculine, classiquel atrabilaire / colère féminine, classiquem tableaux / éclos masculine, classiquea campagnes / compagnes féminine, classiqueb mortels / autels masculine, classiquec regrette / retraite féminine, classiqued voisins / raisins masculine, classiquee terre / solitaire féminine, classiquef hameaux / maux masculine, classiqueg hêtres / champêtres féminine, classiqueh trépas / appas masculine, classiquei l’orage / l’ombrage féminine, classiquej inanimé / transformé masculine, classiquek feuillage / volage féminine, classiquel roseaux / eaux masculine, classiquem tremblante / consolante féminine, classiquen douleurs / pleurs masculine, classiquea imposture / culture féminine, classiqueb meuglant / gland masculine, classiquec patrie / industrie féminine, classiqued nouveaux / travaux masculine, classiquee courage / ombrage féminine, classiquef champ / tranchant masculine, non classiqueg mensonges / songes féminine, classiqueh moteurs / hauteurs masculine, classiquei apparue / charrue féminine, classiquej humains / mains masculine, classiquek foiblesse / noblesse féminine, classiquel Cérès / guérets masculine, classiquea utiles / fertiles féminine, classiqueb pas / appas masculine, classiquec nature / culture féminine, classiqued besoins / soins masculine, classiquee domaine / ramène féminine, classiquef vigoureux / poudreux masculine, classiqueg mesure / usure féminine, classiqueh lentement / froment masculine, classiquea remplie / multiplie féminine, classiqueb présent / bienfaisant masculine, classiquec suspendues / répandues féminine, classiqued airs / déserts masculine, classiquee campagne / l’accompagne féminine, classiquef surmonté / nudité masculine, classiqueg l’abondance / condense féminine, classiqueh vermeil / sommeil masculine, classiquei humectée / infectée féminine, classiquej l’horizon / poison masculine, classiquek flétrissent / dépérissent féminine, classiquel pas / trépas masculine, classiquem immonde / monde féminine, classiquen douleurs / malheurs masculine, classiqueo homicide / d’Alcide féminine, classiquep nord / mort masculine, classiquea Tartare / Ténare féminine, classiqueb jour / séjour masculine, classiquec ténébreuses / nombreuses féminine, classiqued morts / bords masculine, classiquee cimetière / frontière féminine, classiquef sophis / Memphis masculine, classiqueg tombe féminine, classiqueh enfans / éléphans masculine, classiquei sauvages / rivages féminine, classiquej orageux / nègeux masculine, classiquek Carthage / Tage féminine, classiquel cités / indomptés masculine, classiquem balance / s’élance féminine, classiquen Pluton / Caton masculine, classiqueo Germanie / tyrannie féminine, classiquep Lapland / Groënland masculine, classiqueq trace / embrasse féminine, classiquer français / excès masculine, classiquea inhumaine / domaine féminine, classiqueb pendant / ardent masculine, classiquec fidèle / modèle féminine, classiqued chemins / humains masculine, classiquee fantômes / atômes féminine, classiquef hagards / regards masculine, classiqueg attendue / étendue féminine, classiqueh toux / tous masculine, classiquei assemblage / l’âge féminine, classiquej amitié / moitié masculine, classiquek murailles / funérailles féminine, classiquel tombeau / flambeau masculine, classiquem livides / avides féminine, classiquen versés / entassés masculine, classiqueo horrible / terrible féminine, classiquea timide / humide féminine, classiqueb sein / essaim masculine, classiquec brigues / intrigues féminine, classiquee florissante / innocente féminine, classiquef raisin / voisin masculine, classiqueg parterre / terre féminine, classiqueh doigts / rois masculine, classiquek expire / empire féminine, classiquel pleurs / douleurs masculine, classiquem allarmes / larmes féminine, classiquen respectés / infectés masculine, classiqueo transporte / porte féminine, classiquep l’autel / Immortel masculine, classiqueq impénétrable / inexorable féminine, classiquer mains / humains masculine, classiques chaumières / coutumières féminine, classiquet autrefois / voix masculine, classiqueu portiques / rustiques féminine, classiquev vivans / vents masculine, classiquew demeure / meure féminine, classiquea ensanglanté / clarté masculine, classiqueb succèdent / l’obsèdent féminine, classiquec cieux / fallacieux masculine, classiqued sombres / ombres féminine, classiquee égaré / sacré masculine, classiquef tendresse / presse féminine, classiqueg secourir / mourir masculine, classiqueh souillée / mouillée féminine, classiquei déchiré / éploré masculine, classiquej salutaire / solitaire féminine, classiqueb parts / épars masculine, classiquec s’élance / silence féminine, classiqued terreur / fureur masculine, classiquee sainte / l’enceinte féminine, classiquef déchirant / mourant masculine, classiqueg assouvie / vie féminine, classiqueh attends-moi / toi masculine, classiquei heure / meure féminine, classiquej mort / Sainmaurt masculine, classiquek viscères / ulcères féminine, équivalentel gémissant / innocent masculine, classiquea funeste / peste féminine, classiqueb l’horizon / prison masculine, classiquec lumière / première féminine, classiqued accords / corps masculine, classiquee dévorante / expirante féminine, classiquef autels / mortels masculine, classiqueg d’allarmes / larmes féminine, classiqueh redouté / clarté masculine, classiquei foiblesse / vieillesse féminine, classiquej appui / lui masculine, classiquek funèbres / ténèbres féminine, classiquel flambeaux / tombeaux masculine, classiquem parentales / fatales féminine, classiquen imitateur / dévastateur masculine, classiqueo guerre / terre féminine, classiquea divers / l’univers masculine, classiqueb créature / nature féminine, classiquec rien / bien masculine, classiqued génie / harmonie féminine, classiquee rivaux / maux masculine, classiquef m’outrage / ouvrage féminine, classiqueg prison / poison masculine, classiqueh l’entendre / tendre féminine, classiquei revers / l’univers masculine, classiquej passagère / légère féminine, classiquek t’investir / s’engloutir masculine, classiquel l’automne / tonne féminine, classiquem mort / s’endort masculine, classiquen carrières / meurtrières féminine, classiqueo paix / épais masculine, classiqueq essor / encor masculine, classiquer suivie / vie féminine, classiques effets / bienfaits masculine, classiquet entrailles / murailles féminine, classiqueu rois / droits masculine, classiquev distille / subtile féminine, classiquew préparés / épurés masculine, classiquex verdure / froidure féminine, classiquey ravagés / submergés masculine, classiquez naufrages / orages féminine, classiquea typhons / fonds masculine, classiqueb l’industrie / patrie féminine, classiquec mâts / climats masculine, classiqued rosée / fertilisée féminine, classiquef abymes / crimes féminine, classiqueg destructeur / cultivateur masculine, classiqueh domine / famine féminine, classiquei plaisirs / desirs masculine, classiquej l’influence / balance féminine, classiquek scélérat / éclat masculine, classiquel rassemble / ensemble féminine, classiquea heureux / vœux masculine, classiqueb vie / suivie féminine, classiquec plaisir / loisir masculine, classiqued solitude / l’étude féminine, classiquee redoublés / troublés masculine, classiquef renversées / pensées féminine, classiquea froidement / l’ornement masculine, classiqueb arrachées / couchées féminine, classiquec buveurs / faveurs masculine, classiquee ormeaux / rameaux masculine, classiquef robuste / arbuste féminine, classiqueg bataillons / sillons masculine, classiqueh consternée / destinée féminine, classiquei l’honneur / bonheur masculine, classiquej infertile / inutile féminine, classiquek conquérans / tyrans masculine, classiquel honorables / vénérables féminine, classiquem malheur / chaleur masculine, classiquen contemple / temple féminine, classiqueo amers / mers masculine, classiquep Venise / assise féminine, classiqueq destinés / mutinés masculine, classiquer l’arène / Pyrène féminine, classiques ambitieux / cieux masculine, classiquea abymes / cimes féminine, classiqueb épais / paix masculine, classiquec tempêtes / têtes féminine, classiqued vous / courroux masculine, classiquee âge / ombrage féminine, classiquef chemin / romain masculine, classiqueg lustre féminine, classiqueh lys / Louis masculine, classiquei compagne / l’Espagne féminine, classiquea jaloux / vous masculine, classiqueb indignée / coignée féminine, classiquec sort / mort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
540 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Moïs, Paris, imprimerie de Quillau, 1779· numérisation wikisource.org· Sources