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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Œuvres, 1712· Cantates

CANTATE XII. Les bains de Tomeri

POUR S. A. S. MADAME LA DUCHESSE DOUAIRIÈRE

Jean-Baptiste Rousseau· 64 vers

Quel spectacle pompeux orne ce bord tranquille !Diane, avec toute sa cour,Vient-elle y chercher un asileContre les feux du dieu du jour ?Pour voir ces déités nouvelles,Le Soleil tient encor ses coursiers arrêtés. :La Nymphe qui préside à ces bords enchantésÉpuise ses regards sur elles,Et rassemble, en ces mots, ses compagnes fidèles.Pour rendre hommage à leurs beautés :

Venez voir votre souveraine,Nymphes, sortez de vos roseaux :C’est Thétis qui vient sur la SeineGoûter la fraîcheur de mes eaux.

Coulez, coulez, eaux fugitives ;Et vous, oiseaux, quittez les bois ;Chantez, sur ces aimables rives,Chantez l’honneur que je reçois.

Venez voir votre souveraine,Nymphes, sortez de vos roseaux :C’est Thétis qui vient sur la SeineGoûter la fraîcheur de mes eaux.

Nouvelles déités qui flottez sur mes ondes,Que d’attraits inconnus vous offrez à mes yeux !Jamais dans ses grottes profondesAmphitrite n’a vu rien de si précieux.Mais n’en rougissez pas : dans cette cour charmanteLa déesse qui vous conduitBrille, comme au milieu des astres de la nuitDu jeune Endymion on voit briller l’amante.Quel cœur résisterait à des attraits si doux ?Naïades, approchez : Tritons, éloignez-vous.

Vous qui rendez Flore immortelle,Rassemblez-vous, tendres Zéphyrs :Une divinité plus belleEst réservée à vos soupirs.Venez sur mes humides plainesCaresser ses jeunes beautés :Venez de vos douces haleinesÉchauffer mes flots argentés.

Vous qui rendez Flore immortelle,Rassemblez-vous, tendres Zéphyrs :Une divinité plus belleEst réservée à vos soupirs.

Et vous, dont le pouvoir s’étend sur tout le monde,Amours, si les attraits de la fille des mersOnt pu vous attirer sur l’onde,Accourez sur ma rive, et traversez les airs ;Une Vénus nouvelle exige votre hommage ;Et bientôt vous verrez que celle de PaphosLui cède autant que mon rivageLe cède aux vastes bords de l’empire des flots.

Tendres Amours, accourez tous ;Venez, volez, troupe immortelle :La beauté languirait sans vous,Et vous expireriez sans elle.

S’il est vrai que le dieu d’amourA la beauté doit sa naissance,La beauté, par un doux retour,Doit à l’Amour seul sa puissance.

Tendres Amours, accourez tous ;Venez, volez, troupe immortelle :La beauté languirait sans vous,Et vous expireriez sans elle.

64 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre de, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1869· numérisation gallica.bnf.fr· Sources