Œuvres, 1712· Épigrammes· Livre premier
III. « Prêt à descendre au manoir ténébreux »
Prêt à descendre au manoir ténébreux,Jà de Caron j’entrevoyois la barque,Quand de Thémire un baiser amoureuxMe rendit l’âme, et vint frauder la Parque.Lors de son livre Éacus me démarque,Et le nocher tout seul l’onde passa.Tout seul ? Je faux : mon âme traversaLe fleuve noir ; mais Thémire, ThémireEn ce baiser dans mes veines glissaPart de la sienne, avec quoi je respire.
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre de, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1869· numérisation gallica.bnf.fr· Sources