Œuvres, 1712· Cantates
CANTATE XVIII. Sur un arbrisseau
Jeune et tendre arbrisseau, l’espoir de mon verger,Fertile nourrisson de Vertumne et de Flore,Des faveurs de l’hiver redoutez le danger,Et retenez vos fleurs qui se pressent d’éclore,Séduites par l’éclat d’un beau jour passager.
Imitez la sage Anémone,Craignez Borée et ses retours :Attendez que Flore et PomoneVous puissent prêter leur secours.
Philomèle est toujours muette :Progné craint de nouveaux frissons ;Et la timide violetteSe cache encor sous les gazons.
Imitez la sage Anémone,Craignez Borée et ses retours :Attendez que Flore et PomoneVous puissent prêter leur secours.
Soleil, père de la nature,Viens répandre en ces lieux tes fécondes chaleurs :Dissipe les frimas, écarte la froidureQui brûle nos fruits et. nos fleurs.Cérès, pleine d’impatience,N’attend que ton retour pour enrichir nos bords :Et sur ta fertile présenceBacchus fonde l’espoir de ses nouveaux trésors.
Les lieux d’où tu prends ta courseVirent ses premiers combats :Mais loin des climats de l’OurseIl porta toujours ses pas.
Quand les Amours favorablesVoulurent le rendre heureux,Ce fut sur des bords aimablesQu’échauffoient tes plus doux feux.
Les lieux d’où tu prends ta courseVirent ses premiers combats :Mais loin des climats de l’OurseIl porta toujours ses pas.
37 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre de, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1869· numérisation gallica.bnf.fr· Sources