Œuvres complètes, 1659· La Rome ridicule
La Rome ridicule
I
Il vous sied bien, Monsieur le Tibre,De faire ainsi tant de façon,Vous dans qui le moindre poissonA peine a le mouvement libre ;Il vous sied bien de vous vanterD’avoir de quoy le disputerA tous les fleuves de la terre,Vous qui, comblé de trois moulins,N’oseriez deffier en guerreLa riviere des Gobelins.
II
Vrayment, ce monstre qu’on habilleD’oreilles, de langues et d’yeux,Cet oyseau qui vole en tous lieuxEt de tout à son gré babille,Le Renom, qui se paist de vent,M’en avoit donné bien souvent,Chantant l’estat de vostre empire.Je vous tenois plus grand cent fois,Et croyois qu’en vous un navireNe fust qu’une coque de noix.
III
Je m’estois figuré le GangePlus gueux qu’un rat auprès de vous ;Diamans m’estoient vos caillous,Et pur gravier d’or vostre fange ;Le sucre emplissoit vos roseaux,Le saumon brilloit dans vos eauxAvec des escailles de nacre,L’ambre se trouvoit en vos bors,Et tout ce qu’à Flore on consacreVous couronnoit de ses tresors.
IV
Vous aviez deux cornes superbesComme le mouton precieux.Dans un beau giste spacieuxVous fouliez les plus molles herbes ;Vostre long poil estoit ondé,Vous me sembliez accoudéSur un vaze de porcelaine,Et ce qui de son creux natalSortoit pour arroser la plaineEstoit pour le moins de crystal.
V
Rien que Nymphes jeunes et bellesN’en fendoit l’agreable cours,Sinon par fois quand les AmoursS’y venoient baigner avec elles ;Vostre gloire au ciel s’eslevoit,Amphitrite vous recevoitMoins dans son sein que dans son ameBref, imbu de maint faux plaisir,Vostre onde estoit toute ma flameEt vostre aspect tout mon desir.
VI
Cependant rien de plus sauvageNe se monstra jamais à moy,Jamais mortel n’eut plus d’effroyQue m’en donna vostre rivage.En venant à vous aborder,Je fus tout prest de demanderOù vous estiez, voire à vous-mesme ;Je creu qu’au lict, couché sans dras,Vous languissiez malade et blesme,Et pris vostre corps pour un bras.
VII
Mais maintenant, à vostre honte,Trop instruit de la verité,Je veux que la posteritéSçache les graces que j’en conte :Bain de crapaux, ruisseau bourbeus,Torrent fait de pissat de bœufs,Canal fluide en pourriture,Degobillis de quelque mont,Pus d’un poulain de la nature,C’est bien à vous d’avoir un pont !
VIII
A vous ! qu’avecque ma bedaineA cloche-pied je sauterois ;A vous ! qu’en un trait je boiroisSi je prenois la vie en haine ;A vous ! qui sur notre elementRepresentez tant seulementUn ver liquide en une pome ;A vous enfin qui ne sçauriezBarbouiller deux bordels à Rome,Quand d’huile et d’encre vous seriez.
IX
Ha ! Dieu vous gard’, la belle ville !Vous voicy donques sur les rangs ;Il vous faut chatouiller les flancsD’une main adroite et civile ;Comme le chef de l’univers,Vous pouvez bien dedans ces versEsperer quelque coup de peigne ;Vous en taterez, je le veux ;Mais aussi qu’aucun ne se plaigneSi j’en arrache des cheveux.
X
Mole fait pour mettre la cendreD’un fol prince et de son mignon ;Prince qui, trop chaud du roignon,Brula des flames d’Alexandre ;Forteresse, autrefois tombeau,Qu’avez-vous aujourd’hui de beauPour être si fameuse au monde ?Ha ! n’en soyons plus ebahis :C’est que votre figure est ronde,Et qu’on l’estime en tout pais.
XI
L’Aleman, à cause des tonnesQui logent la sainte liqueur,La loge au milieu de son cœur,Et non pour l’amour des couronnes ;Le François la cherit aux plas ;L’Espagnol ne fut jamais lasDe l’aymer à cause du globe,Et l’Italien clos et coy,Soit de courte ou de longue robe,L’idolatre, Dieu sçait pourquoy.
XII
Colomnes en vain magnifiques,Sots prodiges des anciens,Poinctus fastes Egyptiens,Tous griffonnez d’hieroglyfiques ;Amusoirs de foux curieux ;Travaux qu’on tient victorieuxD’un si puissant nombre de lustres,Faut-il que nous voyions par toutTresbucher tant d’hommes illustres,Et que vous demeuriez debout ?
XIII
Pietre et barbare Colisée,Execrable reste des Goths,Nid de lesards et d’escargots,Digne d’une amere risée,Pourquoy ne vous raze-t’on pas ?Peut-on trouver quelques appasEn vos ruines criminelles ?Et veut-on à l’eternitéLaisser des marques solennellesD’horreur et d’inhumanité ?
XIV
Parbieu ! ce n’est plus raillerie,Je m’estomacque tout à bon.Mes doigts, conduisons le charbonAvec un peu moins de furie ;Il m’est permis de lanterner,Il m’est permis de badinerJusqu’à faire peter de rire ;Mais je serois pis que bouquinDe desgainer l’aigre satyreA la barbe du grand Pasquin.
XV
Ma Muse, rendons quelque hommageA ce bon museau vermoulu ;Hurlons sur l’air de lanturluUn hymne aux pieds de son image.Hé ! comment ! elle n’en a point !Le goinfre est reduit à tel pointQu’il ne sçauroit dancer ny courre,Et que son bras, creu si puissant,Ne peut ny jouer à la mourreNy faire la figue au passant.
XVI
Il est bien vray qu’en recompenseIl ne manque point de caquet :Il cause comme un perroquet,Et dit sans peur tout ce qu’il pense ;Aussi, quoyqu’il fut brave et fort,On conte que depuis sa mort,Habile en matiere de bayes,Sa langue, qu’en poivre il confit,A fait de plus cuisantes playesQue jamais son glaive ne fit.
XVII
Cher brocardeur, piquant monarqueDes muets qui sçavent parler,Marbre à qui je dois immolerPour le voyage où je m’embarque,Gentil Morne petrifié,En toy je me suis confiéDès le debut de ces sornettes ;Remets-moi dans leur beau chemin,Et fay que pour des chansonnettesOn les revende en parchemin.
XVIII
Thermes, où lavoit sa carcasse,Riche de gratelle et de doux,Ce vieux fat qui pour quatre chouxLaissa le trogne et la cuirasse ;Qui n’enrageroit dans sa peauDe veoir du fond jusqu’au coupeauVos voutes entieres et saines,Tandis que peut-être en mains lieuxCelles des caves toutes pleinesFont le plongeon devant les yeux ?
XIX
Pantheon, jadis l’habitacleDe tous les marmousets sacrez,Où cent pauvres veaux massacrezEtoient tous les jours en spectacle ;Sous ombre que par un seul trouVous guignez ce dieu du Perou,Qui luit en ces carrieres amples,Et pour ce beau nom pretenduD’un Polypheme entre les templesFaut-il tant faire l’entendu ?
XX
Mote qui tranchez de l’Olympe,Et n’avez pas six pieds de haut ;Bute où je croy voir à l’assautEncore le Gaulois qui grimpe ;Capitole, où le faux JupinSe faisoit baiser l’escarpinEt dedier la fleur des proyes,Vous ne devez, pour cent raisons,Si vous futes chery des oyes,Estre loué que des oysons.
XXI
Mais encor, ô cité de neffles,Si faut-il chanter votre autheur,Votre celebre fondateurAjusté comme un roy de treffles ;Si faut-il, dy-je, mettre au jour,En mots triez, quelque bon tourDe ce galand bouffi d’audace,Qui, la dague hors de l’etuy,Jetta roide mort sur la placeSon cadet aussi vieux que luy.
XXII
Dejà plus fier qu’un pet en coque,Ce cœur de chien, cet œil de chat,Avoit de boue et de crachatFagoté vos murs de bicoque ;Dejà dans les proches hameauxSes gens, au son des chalumeaux,Avoient esté chercher des fames,Et dejà ces culs embrasezComme des visages infamesEn avoient esté refusez,
XXIII
Quand ce rusé tetteur de Louvre,Afin d’en avoir à choisir,Pour souler le paillard desirQui dans leur sein velu se couvre,Se met à faire le dolent,Feint que d’un accez violentLa migraine lui fend la teste,Se plaint du ventre et du coté,Et fait à certain jour de festeVouer des jeux pour sa santé.
XXIV
Enfin l’aurore safranée,Qui pleure je ne sçay quel fils,Ayant de ce terme prefisOuvert la fresche matinée,L’on voit fondre de toutes parts,Où sont à present vos remparts,Gens de tout sexe et de tout âge,Et ceux qui vouloient s’abstenirD’entrer en vostre parentageSont si benêts que d’y venir.
XXV
Demon des passe-temps rustiques,Plaisant lutin, diable ragot,Apporte-moy ton larigotPour fluter ces contes antiques ;Brouillace en rime par mes mainsLes exercices des RomainsAu grotesque rapt des Sabines,Et dy comme ces chauds teigneuxTorcherent leurs ordes babinesContre ces mufles dedaigneux.
XXVI
Icy, dans la palestre unie,De bras, de jambes et de corps,Les lutteurs font tous les effortsQue peut suggerer la manie :Tantost on les entend souffler,Tantost d’ahan on voit s’enflerLeurs muscles, leurs nerfs et leurs vaines ;Ils bavent, ils grincent les dents,Et plus leurs secousses sont vaines,Plus à la prise ils sont ardents.
XXVII
L’adresse à la vigueur mesléeLes noue et pousse à se presser,Mais leurs mains ne font que glisserSur leur peau qui luit d’estre huiléeFlanc contre flanc, sein contre sein,Ils tentent dessein sur desseinPour culbuter la resistance ;Leurs os sont contraints d’en fremir,Et, malgré leur roide prestance,L’oppression les fait gemir.
XXVIII
Jamais les arenes de PiseN’en virent de plus obstinez ;Ils font du moins cent pieds de nezA tous ceux dont l’isthme se prise ;Morlais, ny Quinpercorentin,N’ont rien connu de si mutinDans le mestier de croc-en-jambe,Et, depuis qu’en l’azur des cieuxLe roy des falots trote et flambe,Nuls athletes ne firent mieux.
XXIX
Leur sueur humecte le sable ;Le peuple, beant à l’entour,Fait icy la gueule de four,Et là se contourne le rable ;Il lutte comme eux en son cœur,Il en souhaitte l’un vainqueur,Engagé dans la sympathie,Et, quand l’un vient à succomber,Selon qu’il est de la partie,Il triomphe ou se sent tomber.
XXX
J’en voy d’autres qui s’entr’abordent,L’œil bigle d’ire et plein de feu ;Mais enfin, s’acharnans au jeu,Ils s’egratignent et se mordent.Là les uns à beaux coups de poinS’escachent le nez et le groin,Ou se pochent les luminaires ;Et là les autres, escartezDe ces horions sanguinaires,Sautent comme singes fouëtez.
XXXI
Icy l’un fait rouler la bouleEt la suit à pas de balet ;Là l’autre jette le palet,Que de loin on regarde en foule ;Là les uns, pour quelque ruban,Mettant bas roupille et caban,Font une course entretaillée ;Là ceux-cy tirent au baston,Et dessous la verte fueilléeCeux-là s’escriment du menton.
XXXII
Icy, pour instrument de dance,L’on oit la cimbale tinter ;Les ossets drus à cliqueterEn accompagnent la cadence ;Un aveugle, expert vielleur,Joint sa symphonie à la leurSous l’orme droit comme une gaule ;Il grimasse en mille façons,Il tord son minois sur l’espauleEt fait peur aux petits garçons.
XXXIII
A ce beau son, vingt dodeluesSerrent la patte à vingt lourdautsQui meslent cent gestes badautsA cent postures dissolues :L’un va sottement de travers ;L’autre, étourdy, tombe à l’envers,Quilles à mont sur la pelouze ;Celle qu’il traisne en fait autant :On luy voit jusqu’à la belouze,Et l’on en rit en s’éclattant.
XXXIV
Proche de là, bien que l’histoireN’en fasse point de mention,Par songe ou par traditionJe sçay qu’il se tint une foire.Oh ! que de nippes à porchers !Que de fratras aux filles chers !Que d’enfantines bagatelles !Je n’auroy pas finy demain ;Il ne s’en vit jamais de tellesA la foire de Saint-Germain.
XXXV
Là s’apperçoit une nourriceDonner pour mets et pour jouetA son magot tendre et flouetUn joly dieu de pain d’épice ;Là, maints sifflets aux tons aigus,Bastards de celuy qui d’ArgusFerma les paupieres trompées,Penetrans oreille et cerveau,Animent les grosses poupéesQui là s’étalent au niveau.
XXXVI
Là d’un costé les asnes brayent,De l’autre grondent les cochons ;Icy l’on oit sous les bouchonsLes cris des beuveurs qui s’égayent.Mainte mazette en hannissantRépond au bouveau mugissant,Auprès de l’ouaille qui besle ;Et de ces bruits il s’en fait unDans qui se confond pesle-mesleL’echo plaisamment importun.
XXXVII
Là mille robustes CaritesFolâtrent sur l’émail d’un préAgreablement diapréDe jaunets et de marguerites ;L’une en amasse un gros paquet,Puis, assise, en forme un boucquet,Degoisant un vieil air champestre ;Et l’autre en son cœur prie aux cieusQue, quand ses vaches iront paitre,Tel herbage s’offre à leurs yeus.
XXXVIII
Là dessus arrive Romule,Qui, se quarrant en Jaquemart,Le front borné d’un haut plumart,Affourche une quinteuse mule.Lors, à certain signal donné.Des plus ribaus environné,Chacun empoigne sa chacune ;Ils font un diable de sabat :L’un pousse en courant sa fortune,Et l’autre l’etreint et l’abat.
XXXIX.
A celles-cy mes bons apotresDisent : A quoy verser des pleurs ?Si vous avez cueilly nos fleurs,Devons-nous pas cueillir les votres ?A celles-là, sans cacqueter,Ils tâchent d’en faire gouter,Malgré leur resistance feinte.En ce beau jeu tout est confus :Le plaisir git en la contrainte,Et l’accueil est dans le refus.
XL
En vain s’oppose là le frereAu honnissement de la sœur ;En vain, par force ou par douceur,Pour la fille intervient le pere ;En vain l’amoureux tout surpris,De sa pitaude oyant les cris,Se rend la trogne furibonde :Tout secours y perd son latin ;La brune, la rousse et la blondePassent par un mesme destin.
XLI
Les meres seules, forcenéesDe voir embrocher leurs enfans,Comme tigresses pour leurs fans,Au choc se montrent obstinées :Coups de pié, longs éclats de vois,Ongles et dens tout à la fois,Sont employez à leur defence ;Mais la colere n’y fait rien ;Il faut ceder, puisque l’offenceEn tel cas se prend pour un bien.
XLII
Les Sabins, voyans sans lunettesQu’il y faisoit mauvais pour eux,S’estimerent assez heureuxD’en estre sortis gregues nettes ;Ils furent fins de s’esquiver,Il auroit pû leur arriverQuelque accident en ce grabuge :On perce tout dans la roideur,En la faim de tous mets on gruge,Et toute eau se trinque en l’ardeur.
XLIII
Nombre de vaisselle de terreQui dans la foire se trouvaParmy ce desordre éprouvaQuels sont les malheurs de la guerreAu lieu d’armes on s’en servit,Si bien qu’enfin elle se vitReduite à l’extreme disgrace,Et de ses morceaux entassezEst provenu le mont Testace,Id est le mont des Pots-Cassez.
XLIV
Villace qui dans chaque rueAvez des niches à hiboux,Il se voit des choses en vousDont l’origine est bien bourrue :Tesmoin ceste isle au bord mangé,Que l’ire du peuple outragéFit naistre dans votre riviereDu blé de ce rogue Tarquin,Qui meritoit qu’une etrivierePassementât son marroquin.
XLV.
Quelques ordures échouées,Qu’il n’est pas seant de nommer,Ayderent bien à la formerDessus ces ondes tant louées ;On la prendroit pour un balteau,Où s’embarqueroit un châteauSous les magiques loix d’Urgande,Qui, pour visiter Amadis,Voudroit vers Albion la grandeVoguer ainsi qu’au temps jadis.
XLVI
Quelle pyramide funeste,Quel sepulcre, en ce mur douteux,Contrefait là-bas le honteux ?Ha ! c’est celuy du pauvre Ceste.Qu’il se declare aux regardans :Est-il dehors, est-il dedans,Ce goulu digne de l’histoire,Et veut-il, en matois accort,Pipant les yeux, jouer sans boireDes gobelets après sa mort ?
XLVII
Son monument devoit s’élireSur ce mont noble et reculéOù de vin rouge congeléBrille un tombeau cru de Porphyre ;Ce cocq des beuveurs invaincusDevoit aussi bien que BacchusTirer ses guestres d’une villeOù, par tant de secrets conduitsCent ruisseaux, l’objet de ma bile,En traitres s’estoient introduits.
XLVIII
De ces ruisseaux mille fontainesRegnent encore dans ce lieu,Leur seul aspect à ce bon DieuDonneroit les fievres quartaines.Vous les voyez d’un saut bruyant,Se poursuivant et se fuyant,Sortir de quelque laide trogne,Ou de quelque horrible museau,Qui se boursouffle ou se refrogneSous le caprice du ciseau.
XLIX
Là des animaux les vomissent,Icy les cornes des Tritons,Icy, nichez par les cantons,D’autres les pleurent ou les pissent ;Là, d’un gosier audacieux,Les dragons les crachent aux cieuxAvec une roideur extreme ;Mais, aussi-tost se reprenant,Cette eau retombe sur soy-memeEt fume presque en bruinant.
L
Quand je contemple ces mysteres,Je m’imagine en leur desseinQue, l’air de Rome etant mal-sain,On luy donne aussi des clysteres ;Ou, voyant Iris au traversPiaffer d’un lustre divers,Composé de rayons humides,Je croy que l’arc vert, rouge et bleu,Decoche des fleches liquidesPour blesser l’element du feu.
LI
Mais drapons un peu les statuesQui parent ce large bassin,Il semble à veoir que le farcinLes ait de gales revêtues ;N’en deplaise aux restaurateurs,Leurs bras nouveaux, leurs pieds menteurs,Meritent bien un coup de berne ;lis l’auront, et sans nul repit,En deut la sculpture moderneCrever de honte et de dépit.
LII
Je sçay bien ce que pour sa gloireSes partisans m’allegueront ;Je sçay bien qu’ils se targuerontD’une infame et nouvelle histoire :Ils voudront ramener au jourDe l’espagnol outré d’amourLa bizarre et lubrique flame,Qui par de violens effortsN’en brula seulement pas l’ame,Mais en fit consumer le corps.
LIII
Toutesfois, pour une figure,Elle ne s’en sauvera pas,Encore que par ses appasL’art ait suborné la nature ;Et puis, avec sa nudité,Ce marbre etoit trop affettéPour le remettre en evidence ;Il fut aux regards trop fatal ;C’est pourquoy l’honneste prudenceL’a fait enfroquer de metal.
LIV
Employons donc la castelogne,Sans epargner latin ny grec,Et, les ayant bernez du bec,Mettons les griffes en besogne ;Qu’il s’appretent à gambader,Ces miracles du Belveder,Qui font les dieux entre les marbresEt que ces malotrus badins,Qui font les hommes sous ces arbresPassent comme eux pour baladins.
LV
Que si leur pesanteur les gardeDu saut en l’air à cette fois,Me deussay-je rompre les doigts,Si faut-il que je les nazarde.Vieux simulacres effacez,Pauvres haires repetacez,Oh ! que votre morgue est flétrie !Et qu’à bon droit on peut encorTaxer Rome d’idolatrie,De vous priser au poids de l’or !
LVI
Je hue aussi tous vos semblables,Bien que principaux ornemensDe ces monstrueux batimens,Dont on raconte tant de fables ;Je foitte sans compassionCes coursiers d’emulation,Où l’œil expert trouve à redire ;Le hagard taureau me deplait,Et je tiens quiconque l’admirePlus grosse bête qu’il ne l’est.
LVII
Vestiges d’orgueilleux trofées,Sous qui les sanglantes fureursDe tant de cruels empereursNe sont pas encor étouffées ;Murs demolis, arcs triomfaux,Theatres, cirques, echalfaux,Monumens de pompes funestes,Ma Muse à la fin du souperFait un ragout de tous vos restes,Qu’elle baille au Temps à friper.
LVIII
C’est trop parler de choses mortes ;Clion, pren des objets vivans,Et fay voir aux ages suivansQuelle est la verve où tu t’emportes,Ce Cours vaut bien le chapitrer ;Tu ne pouvois mieux rencontrerDans ton humeur de pesterie,Ny faire de plus digne choixPour dresser une batterieDe serbatanes et de pois.
LIX.
Que voy-je là dans ce carosse ?Quoy, moine, vous venez icy ?Et quoy, vous saluez aussiCes chiennes qu’il faut que je rosse ?Ha ! c’est trop, vous en abusez,Nous sommes tout scandalisezDe vos œillades libertines.Retirez-vous, Peres en Dieu ;Ny les vespres ny les matinesNe se chantent point en ce lieu.
LX
Oh ! que ces guenuches coiffées,Avec leur poil fauve par art,Leur taille de vache et leur fart,Sont à mes yeux d’étranges fées !Qu’après ce plat de JacobinsLe sot garbe de ces ZerbinsA ma ratte donne de joye !Et qu’ils se font bien remarquerCes faux galands en bas de soyeDessus des selles à piquer !
LXI
D’un : Serviteur ! — Et moy le votre,Qu’ils se dardent en grimaçant,Ils semblent vouloir en passantJetter leur téte l’un à l’autre ;Le bord flotant et rabatuDu feutre mince et sans vertuQui couvre leur vaine cervelle,Pour être ainsi qu’eux lâche et mol,Ondoye au trot et bat de l’aileComme un choucas qui prend son vol.
LXII
Ferme, cocher, de peur du crimeQui provient d’incivilité !Nous devons toute humilitéA la pourpre eminentissime.O quel regiment d’estaflers !Que ces chevaux sont gais et fiersD’avoir des houpes cramoisies !Rome étincelle sous leurs pas,Et devant eux les jalousiesFont eclater tous leurs appas.
LXIII
Maint trait d’œil glissant en fuséeDe bas en haut est decoché,Afin de couvrir un pechéDont l’humeur noire est accusée ;Mais en vain par cette actionA l’orde reputationVeut-on apporter des remedes,Les sens par les sens sont trahis,Et l’on sait que les GanimedesSupplantent icy les Laïs.
LXIV
La preuve n’en est que trop claire,On a beau le dissimuler,L’effet ne cesse d’en parlerLors que la bouche le veut taire ;Même je puis dire à ce coupQu’on ne s’en cache pas beaucoupDu voisin ny de la voisine ;Tout y vise au sale guichet,Temoin la chaize Borghézine,Qui prend les culs au trêbuchet.
LXV
Que ces soutanes de Castille,Dans qui s’engoncent ces magotsPlus mal bâtis que des fagots,Bouffent d’une audace gentille !Qu’il fait bon veoir ces capelansTrencher à pié des fiolansSous une gueuserie enorme,Et qu’on dit bien à leur façonQue de Lazarille de TormeIls ont autrefois pris leçon.
LXVI.
Retournons à l’hostellerie,Ou dans l’enfer, pour dire mieux,Enfer dont un ours grand et vieuxEst le Cerbere en sa furie ;Il est temps de se retirer,Il est plutost temps de pleurer,Puisque la nuit est revenue,Je crains et la table et le lit,Et dans une horreur continueMa volupté s’ensevelit.
LXVII
Moy qui me plais sur toute choseA briffer bien et promptement,Moy qui suis dans mon elementQuand je chiffle ou quand je repose,Faut-il me veoir icy reduitA n’avoir rien, ny cru ny cuit,Que la menestre et la salade,Et, qui pis est, que du vin noirOu du vin jaune, doux et fade,Qui fait rechigner l’entonnoir ?
LXVIII
Faut-il après que, pourlitiere,A boyau vuide et piteux train, \Je m’en aille ronger mon freinDans un vray grabat de l’hostiere ?Les matelas en sont pourris ;Maints grisons secs et mal nourrisM’y font la guerre à toute outrance ;J’en gronde comme un vieux limier’Bref, je gite, en melon de France,Sur une couche de fumier.
LXIX
Quels tyrans de leurs propres aises,Quels assez rudes champions,Y soutiendroient les scorpions,Les fiers cousins et les punaises ?Qui pourroits’y parer des mauxCausez par certains animauxQui font vrayment mourir de rire ?Je meurs de peur en y pensant ;Mais je ressuscite pour direQue l’on en guérit en dançant.
LXX
A tel chanfreneau telle emplâtre :Si tost que vous êtes mordu,Et qu’on voit qu’à groin pourfenduVous riez en verrat qu’on châtre,On fait dancer avecques vousDes gens qui trepignent en fousPour chasser ce tourment risible ;Si qu’à veoir et remede et mal,On diroit d’un sabat visibleOù le diable donne le bal.
LXXI
Portière à bas, voicy la grangeOù le bon destin m’a hutté ;Bon soir, patron, bonne santé !C’est-à-dire un cancre vous mange !Laquay ! le souper est-il prest ?Apporte vite, tel qu’il est,Soit cavial, boutarque ou sardine ;Courage, enfans ! nous voylà bien !Donnons dessus à la sourdine :Grand appetit n’épargne rien.
LXXII
Ouay, l’hoste se met en dépence !Une fritate d’œufs couvez,Et d’huile puante abbreuvez,Se vient offrir à notre pance :Un morceau de serpent roty,De menthe et d’hyssope assorty,L’accompagne avec une rave ;Et barrette sur le genouil,Battiste, d’un pas lent et grave,Fait marcher trois brins de fenouil.
LXXIII
Quels jolis racleurs de guiterreEnten-je passer là-dehors ?Sans mentir, voilà des accordsA mener la musique en terre ;Aux lamentables hurlemens,Aux syncopes, aux roulemens,Dont leur gorge est si bien munie,Sauf l’honneur de G-re-sol-ut,Je me figure l’harmonieD’un concert de matous en vut.
LXXIV
Allons faire une promenade,Thyrsis, des cieux le favory,Et laissons ce charivary,Qui contrefait la serenade ;Nous verrons des plus haut hupez,Travestis et mal equipez,En tapinois gagner la poste ;Et rirons d’ouir en voix d’ours,Les rhymeurs promts à la risposte,Improviser aux carrefours.
LXXV
Quant à des Lesbins miserables,Nous n’en découvrirons que trop ;Ces maraux vont le grand galopA l’hopital des Incurables ;C’est du gibier à ladres verts,On les voit marcher entrouverts,Sans qu’en rien leur jeu se pallie ;O creve cœur, ô marisson !Priape greffe en ItalieMoins en fente qu’en écusson.
LXXVI
Nous rencontrerons quelque garceEn equipage masculin,Qui, suivant quelque prestolin,Nous donnera sujet de farce ;Ils seront possible attrapez,Faisans les chevaux echappez,Par les sbirres de la patrouille ;Et la jument et l’etalonVerront si c’est à la citrouilleA vouloir faire le melon.
LXXVII
Nous ferons un tour chez la Grecque,Qui nous dira quelqu’un des siens ;A son hotel vont les Ruffiens,Comme les Turcs vont à la Mecque.Nous passerons de mieux en mieuxChez la Dorothée aux beaux yeux,Qui fut revendeuse de trippes,Et sçaurons, en jaugeant le muy,S’il estvray que dessous ses nippesElle en vende encor aujourd’huy.
LXXVIII
De là, nous nous en irons boire(Ayans pris Nicandre en chemin)L’aigre de cedre et le jasmin,Où la fraîcheur est en sa gloire.Ha ! que dira le roy des potsQuand il entendra ces propos ?Et moy, de même, que diray-je ?Ma raison a bien un bandeauDe suivre des plaisirs de neigeEt d’aymer un breuvage d’eau.
LXXIX
Qu’y feroit-on ? c’est la coutume,On est forcé de vivre ainsi ;Le plus saint se corromt icy,Et tout s’y change en apostume.Mais sortons, sans tant deviser ;Si je voulois moraliser,Je n’aurois pas besogne faite ;Jamais l’objet ne manqueroit,Et dans une si longue traitePegaze enfin se lasseroit.
LXXX
Toutefois, puisqu’il a des ailes,Il peut bien aller plus avant,Et, de ses plumes écrivant,J’en puis bien conter de plus belles.Mettons en donc une à la main.Adieu, Thyrsis, jusqu’à demain,Il faut obéir au caprice ;Il faut qu’à ce demon foletClion, faite en grosse nourrice,Donne de l’encre au lieu de lait.
LXXXI
Ces gens-cy n’ont point l’humeur franche :A tout gain leur arc est bandé ;Souvent, pour m’avoir regardé,J’ay vû me demander la manche.L’Honneur, qui fait le quant-à-moy,Ny la bonne femme de Foy,N’ont point de siege en leurs boutiques,Et leurs sordides actionsLes font nommer des moins critiquesLa chiace des nations.
LXXXII
Encore ne seroit-ce gueresSi cet avide soin d’argent,Qui riche est toujours indigent,N’obsedoit que les cœurs vulgaires ;Mais chez les plus grands il fait voirDe tels effets de son pouvoirQue les Juifs mêmes en ont honte ;Et là-dessus ma libertéVeut versifier un bon conteQu’autrefois on m’a debité.
LXXXIII
Lubin, venant icy de Bresse,Fut prié par frere ZenonD’en apporter grace en son nom,Pour avoir senglé son anesse.Lubin l’obtient, et, de retour :Eh bien ! dit l’autre, en mon amourAs-tu fait quelque tripotage ?Ouy, dit Lubin, et, sans gloser,Pour peu de Jules davantageOn t’eut permis de l’épouser.
LXXXIV.
D’impertinentes simagréesIls fardent la devotion ;Par leur gauche inclinationLes bonnes mœurs sont dénigrées ;Pourveu qu’un autel soit ornéDe maint ex-voto griffonné,Un saint leur en doit bien de reste ;Et ce pendant à ces tableauxLa pieté la plus modesteRit sous cappe et dit mots nouveaux.
LXXXV.
Ils donnent tout aux apparences,Et l’amitié qui regne entr’euxN’est qu’un fantôme vain et creuxQue l’on repait de reverences ;Leur courtoisie à l’etrangerNe gît qu’en l’éclat mensongerDe quelque grimace bouffonne ;Et leurs discours, faits au compas,Montrent qu’en la place NavonneTous les charlatans ne sont pas.
LXXXVI.
L’assassin de glaive ou de baieIcy se loue à peu de frais ;Le bouccon, traitre on ses apprets,S’y vend comme herbe en pleine haie ;Le jaque-de-maille fringantAvec la secrette et le gantY sont haut étalez sans crime ;Le masque de fer s’y produit,Et l’on n’y pratique l’escrimeQue pour quelque bon coup de nuit.
LXXVII
Toutefois, hors de leurs querelles,Qui durent à l’eternité,L’on y peut vivre en seuretéEt voir putains et maquerelles :Car l’entretien chaste et beninDu gentil sexe femininNe s’y permet en nulle sorte ;Et les hommes sots et jaloux,Sous l’avertin qui les transporte,Y sont autant de loups garoux.
LXXXVIII
D’un brayer que Martel-en-téteDe ses propres mains a forgéLeurs femmes ont le bas chargé,De peur qu’il ne fasse la béte ;Au moins on sçait qu’en la pluspartLeurs maris usent de cet art,Tant l’âpre soupçon les devore ;Mais ce fer, à deux fins servant,Les fait voir plus jaloux encoreDu derriere que du devant.
LXXXIX
En cette contrainte inhumaineDu penil et du croupion,Un pauvre chetif morpionNe sçauroit respirer qu’à peine.Toutes les raisons furetant,Je ne m’etonne pas pourtant,Dônes aux demarches si graves,Qu’en ces lieux, qui sont vos enfers,Puisqu’on vous y tient comme esclaves,On vous fasse porter des fers.
XC
Mais jusques aux dernieres bornesJe m’ébahy lorsque je voyCes signors qui vous font la loyAvoir tant de crainte des cornes ;Votre gros visage platré,Votre corps si mal accoutré,Votre esprit sot et miserable,Bref, en trois mots, et sans mentir,Votre laideur incomparable,Les en devroit bien garantir.
XCI
Et d’ailleurs, pour ce qui regardeVotre ardante lâciveté,La peur du morceau redoutéLeur est une assez seure garde ;Ce n’est pas qu’en depit de toutVous ne veniez parfois à boutDe vos secrettes entreprises,Et que vous ne montriez fort bienQu’à femelles d’amour eprisesLes hanicroches ne sont rien.
XCII
Changeons de note et de langage,C’est être sur vous trop long-tempsL’heure veut qu’au havre où je tensJ’aille finir mon navigage ;Mais, avant que d’entrer au port,Où je me voy rire du bordLa palme de la moquerie,Je chanteray qu’en cette courLa maudite chiquanerieFait son plus éminent sejour.
XCIII
Je diray que, hors de la banqueEt d’autres moyens d’en avoirQu’on cherche icy quelque sçavoir,On rencontrera toujours blanque ;Je gronderay qu’en ce pourpris,Par l’ignorance et le méprisLa doctrine est si ravaléeQue ces deux miracles divers,Et Campanelle et Galilée,N’y sont lorgnez que de travers.
XCIV
Dans une plaisante maximeQue nul autheur ne nous apprend,Pour eviter un mal plus grand,Le bordel s’y croit legitime :On l’y souffre en tous les quartiers,Il a rang parmy les métiersDe qui l’utilité s’approuve,Et, pour les communs braguemars,Le vray champ de Venus se trouveOù fut jadis le champ de Mars.
XCV
Peuple, l’excrement de la terre,Romains qu’aujourd’huy nous voionsSi vicieux et si coyons,Vous diffamez ce lieu de guerre ;Aussi le prince des combats,Trouvant chez vous son sceptre à bas,L’emporta-t’il en nos armées,Où dans les tragiques emploisNos lames, de gloire animées,Ont fait mille fameux exploits.
XCVI
Les goitres et les ecrouelles,Après que des Anglois quouezNos corbeaux furent engouez,Ont été mises par rouelles.Ces buffles d’yvrognes du NortOnt connu que sous notre sortIl faut que l’Europe se reigle ;La France est sans rebellion,Et ses coqs, ayans bourré l’aigle,Redoublent la fievre au lion.
XCVII
Les triquebilles d’Austrasie,Dont les trois faisoient le boisseau,Se mettroient toutes dans un seau,En l’effroy dont elle est saisie.Bref, notre tonnerre enflaméD’un seul éclair a consuméLe tiers de l’orgueil de Bysance ;Et l’ardeur qu’en tant de beaux faitsA temoigné notre vaillanceGlace de crainte Alger et Fez.
XCVIII
D’entonner toutes nos victoiresCe seroit un trop haut projet ;Elles fourniront de sujetA de plus sages ecritoires.De jaser davantage aussiSur toutes ces fadézes-cyMa langue en seroit êrenée ;Que si quelque esprit curieuxVeut voir cette matiere ornéeD’un vetement plus serieux,
XCIX
Je le renvoye aux doctes veillesDu Toscan et de l’Angevin :Leur enthouziasme divinA là-dessus prôné merveilles ;Et, bien que de deux grans sonnetsL’amant de Laure aux vers si netsAit été châtré dans son livre,De rien cela ne peut guérir :C’est doublement les faire vivreQue de les faire ainsi mourir.
C
En marbre, en airain on les graveQuand on les efface en papier,Et jusqu’au merle d’un fripierIl les sifle alors, et s’en brave.Qu’on me defende, on me lira ;Par cœur un chacun me sçauraSi le conclave me censure.Le jeune est un jour de banquet,La chasteté fait la luxureEt le silence le caquet.
CI
Pour achever en galand homme,Je dy que je fay plus d’étatDes vignes de la CioutatQue de toutes celles de Rome ;Et d’ailleurs je ne pense pointQu’elle s’échauffe en son pourpointSur ce titre de ridicule,Puisqu’on voit encore en ce lieuQu’au pair d’un Mars ou d’un HerculeElle en fit autrefois un dieu.
purcum cadaver pristinae venustatis,Imago turpis puritatis antiquee ;Nec Roma Romœ compos, et tamen Roma,Sed Roma, quae prœstare non potes Romam ;Sed quae foveris fraude, quae foves fraudem ;Urbs, prurienti quae exoletior scorto,Et exoleti more pruriens scorti ;Quœ, peneïicta fœce prostitutarum,Teprostituta vincis, et tuum facta esTibi lupanar in tuo lupanari ;Vale, pudoris urbs inanis et recti,Tui pudoris nominisque decoctrix,Turpis litura non merentium rerum.Ocelle quondam, nunc lacuna fortunae ;Negotiosa mater otiosorum,Incesta cœlibum quiritium manceps.Vale, nefanda, constuprata, corrupta,Contaminata ; quippe quid tuos mirerPutere mores, quando vita computret
Roma, vale, vidi : satis est vidisse ; revertarCum leno, meretrix, scurra, cinaedus ero.
1031 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· Sources