Œuvres complètes, 1659· Dernier recueil de diverses poésies.
Sonnet
A la Serenissime Reyne de Suede, sur la beauté de la Serenissime Reyne sa mère.
Ne t’imagine pas, noble et fameuse reine,Qu’on s’estonne de voir avec tant de beautéCe venerable objet, cette divinitéDe qui seule tu fais et la joye et la peine.
Le plaisir qu’ont ses yeux, et qui, de veine en veine,Luy court par tout le sang devant ta majesté,S’oppose à son hyver, le tient loin escarté,Et le rend, comme elle est, et si fraische et si saine.
Ta gloire, ta vertu, ta grace, ton amour,Et surtout le bonheur de t’avoir mise au jour,D’une Latône au ciel luy font gouster la vie.
Toy, tu vis en Diane, et veux l’estre en effet ;Ha ! qu’un beau desespoir t’en inspira l’envie !Tu ne ferois jamais ce que ta mere a fait.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· Sources