Œuvres complètes, 1659· Dernier recueil de diverses poésies.
Sonnet sur Amsterdam
A M. Chahut, estant alors ambassadeur plenipotentiaire de France au traité de Lubec.
Je revoy, grand Chanut, ce miracle du monde,Ce fameux Amsterdam, ce petit univers ;Je revoy ces canaux enrichis d’arbres vers,Mais bien plus d’arbres secs qui fleurissent sur l’onde.
Je revoy ces palais de qui l’orgueil se fondeSur d’autres arbres morts au bout de cent hyversQui, le sommet en bas et de pierres couvers,Dans l’abyme de feu semblent porter la sonde.
Je revoy ces remparts sur Neptune conquis,Où tout ce que l’Aurore a de rare et d’exquisDe la Meuse et du Rhin fait l’Indus et le Gange.
Le commerce m’en plaist ; hé ! sçais-tu pour quel bien ?C’est parce qu’ycy mesme, ô trop aimable eschange !Le seul don de mon cœur me fit gagner le tien.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· Sources