Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Bacchus conquerant
Pour un ballet du Roy.
En fin mon bras victorieuxA couronné ma teste ;Ceux qui m’estoient injurieuxSolemnisent ma feste ;Tout m’obeît, mesmes les immortelsReverent mes sacrez autels.
Mon thyrse orné de pampres versQu’un lyerre entrelaceA fait trembler tout l’universDe sa seule menace,Il a flestry par ses exploits guerriersL’honneur des plus fameux lauriers.
L’orient voit dessous mes loisSes provinces regies ;Ses monts, ses fleuves et ses bois,Ont ouy mes orgies,Et la terreur de mes fiers LeoparsEst imprimée en toutes pars.
L’impieté ne produit plusContre moy de Penthée ;Tous mes ennemis sont perclus,Leur puissance est domptée ;Bref, le destin accorde à mon desirLa gloire conjointe au plaisir.
Cependant ce roy redoutéSous qui les lys fleurissent,Cette adorable MajestéQue les astres cherissent,Fait, quoy que Dieu, que j’advoue aujourd’huyDe n’estre qu’homme aux prix de luy.
O grande reine à qui les cieuxOnt rendu tout possible,Il pert seulement par vos yeuxLe titre d’invincible,Comme il acquit, pour eux se consumant,Celuy de Juste en vous aymant.
36 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources