Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Junon a paris
Pour un ballet.
Equitable berger, gloire du sang de Troye,Qu’un songe malheureux pensa donner en proyeAux destins irritez ;Si l’extrême grandeur dont l’eclat m’environneNe m’avoit obtenu la celeste couronne,Je n’aspireroy point à celle des beautez.
Je preside aux tresors, je fay monter les hommesPar des degrez d’honneur jusqu’au siege où nous sommes,Avecques tous les dieux :C’est de mon seul pouvoir que depend la fortune ;A quiconque il me plaist sa grace est opportuneEt rend souventesfois la terre égale aux cieux.
Aussi le souverain que l’Olimpe revereAdoucissant pour moi son visage severe,Adore mon autel ;Je suis l’unique objet des pensers de son ame,Et croy que ma beauté, d’où procede sa flame,L’eust fait mourir d’amour, s’il eust esté mortel.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources