Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Inconstance
On devroit bien trouver estrangeQue ma muse n’ait mis au jourQuelque œuvre digne de louangeSur le sujet de mon amour :Je m’en estonnerois moy-mesme ;Mais, dans mon inconstance extresme,Qui va comme un flus et reflus,Je n’ay pas si-tost dit que j’ayme,Que je sens que je n’ayme plus.
Il est vray que je sçay bien feindre,Et qu’il n’est esprit si rusé,Lors que ma bouche se veut plaindre,Qui ne s’en trouvast abusé ;Mon cœur plein d’infidelles charmesN’espargneni soupirs ni larmesPour essayer d’y parvenir,Et mes paroles sont des armesContre qui rien ne peut tenir.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources