Œuvres complètes, 1659· Seconde partie
Madrigal
Imité en partie de l’italien du cavalier MARIN.
Cette fiere beauté que mon ame idolastreA les bras et les mains et la gorge d’albastre ;D’un cinabre vivant son teint est embelly ;Sa bouche est d’un corail, où des perles éclattent ;Son visage et son corps, faits d’un marbre poly,Le prix de la blancheur à la neige debattent ;Et ses yeux si charmans,Aussi bien que son cœur, sont de vrais diamans.Doy-je donc m’estonner de la treuver si dureAux peines que j’endure,Puis que, pour mon malheur, le ciel, qui la forma,La fit toute de pierre, et Roche la nomma ?
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources