Œuvres complètes, 1659· Première partie.· Suite de la premiere partie des oeuvres Du sieur de saint-amant
Orgye
Sus, sus, enfans ! qu’on empoigne la couppe !Je suis crevé de manger de la soupe.Du vin ! du vin ! cependant qu’il est frais,Verse, garçon, verse jusqu’aux bords,Car je veux chiffler à longs traitsA la santé des vivans et des morts.
Pour du vin blanc, je n’en tasteray guere ;Je crains toujours le syrop de l’esguiere,Dont la couleur me pourroit attraper.Baille-moy donc de ce vin vermeil :C’est luy seul qui me fait tauperBref, c’est mon feu, mon sang et mon soleil.
O qu’il est doux ! j’en ay l’ame ravie,Et ne croy pas qu’il se trouve en la vieUn tel plaisir que de boire d’autant ;Fay-moy raison, cher amy Faret,Ou tu seras tout à l’instantPrivé du nom qui rime à cabaret.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources