Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
A la Serenissime Reine de Pologne, en lui envoyant une partie de mon Moyse, l’an 1647.
Reine dont les vertus hautes et genereusesSur un trosne sacré brillent plus vivementQue ces feux immortels qui, dans le firmamentMarquent en chiffres d’or les fortunes heureuses ;
Tandis que sous ton Mars cent trouppes valeureusesRepoussent de l’Euxin le fier desbordement,Voy les sœurs d’Appollon qu’un noble sentimentExcite à se montrer de ta gloire amoureuses :
Elles ont peint pour toy Moyse dessus l’eau ;Mais si tes yeux divins n’esclairent ce tableau,Ses traits auront le sort du plus commun ouvrage.
Et si pour ce héros le Nil fut sans escueil,L’onde du Boristene en verra le naufrage,Et son berceau flottant deviendra son cercueil.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources