Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Sonnet
Sur le tombeau du Marquis de Gesvres, tué d’un eclat de pierre de la mine devant Thionville.
Lugubres monumens d’une eternelle gloire,Marbres que l’art fait vivre à l’honneur de la mort,Durs et tendres tesmoins d’un lamentable sortQui rend un beau succez funeste à la memoire ;
Pierres de qui l’amas forme une pompe noire,Où la pieté brille, où la vaillance dort ;Grands tresors de sculpture, où, par un noble effort,Le fer industrieux a r’animé l’histoire ;
Merveilles qu’on descouvre en ce riche cercueil,Où l’albastre gemit, où le jaspe est en dueil,Que vous reparez bien un insigne dommage !
Gesvres revoit le jour, à tort nous en doutons,Et vous me semblez dire, en son auguste image :Si nous l’avons tué, nous le ressuscitons.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources