Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Un dernier rêve· Sonnets à deux sœurs
II. À mademoiselle Éliza-Wilhelmine
Puisqu’à tout coup sa vive raillerieS’échappe et brille en gai pétillement,Puisqu’un lutin de grâce et de féerieToujours dérobe un coin de sentiment ;
Puisqu’amusés par ce propos charmant,D’elle on ne voit ce qui rêve ou qui prie,Et qu’à tous yeux cette gaieté chérieSoir et matin fait un déguisement,
Ô Poésie, ouvre-nous le mystère :Fais-lui trahir ce que son cœur veut taire,Ses hauts instincts, cette fois non railleurs,
Quand vient la Nuit comme une sœur voilée,Et qu’en silence à la voûte étoiléeMonte son rêve, et que tombent ses pleurs !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources