Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
IMITÉ DE BOWLES
Novembre.
Étrange est la musique aux derniers soirs d’automneQuand vers Rovéréa, solitaire, j’entendsCraquer l’orme noueux, et mugir les autansDans le feuillage mort qui roule et tourbillonne.
Mais qu’est-ce si déjà, sous la même couronneDe ces bois alors verts, et sur ces mêmes bancs,On eut, soir et matin, la douceur des printempsAuprès d’un cœur ami de qui l’absence étonne ?
Reviens donc, à Printemps ! renais, feuillage aimé !Mois des zéphyrs, accours ! chante, chanson de mai :Mais triste tu seras, mais presque désolée,
Si ne revient aussi, charme de ta saison,Printemps de ton printemps, rayon de ton rayon,Celle qui de ces bois bien loin s’en est allée !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources