Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Les consolations (Mars 1830)
XXII. Sonnet
À Francfort-sur-le-Mein l’on entre, et l’on s’étonneDe ne voir qu’élégance, éclat, faste emprunté ;Ô Francfort, qu’as-tu fait de ta vieille beauté ?Marraine des Césars, où donc est ta couronne ?
Mais plus loin, à travers l’or faux qui t’environne,Ton église sans flèche, au cœur de la cité,Monte, comme un vaisseau par les vents démâté ;Et sa tête est chenue ; et comme une lionne
Qui, des ardents chasseurs repoussant les assauts,Tient contre elle serrés ses jeunes lionceaux,La tour tient à ses pieds toutes les vieilles rues,
Et sur son sein les presse, et, debout, les défend :Et cependant le Siècle, immense et triomphant,Déborde et couvre tout de ses ondes accrues.
Octobre 1829.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources