Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837
« Tu te révoltes, tu t’irrites »
Tu te révoltes, tu t’irrites,Ô mon Âme, de ce que telNe comprend pas tous tes méritesEt met ton talent sous l’autel ;
Tu t’en aigris ! mais, Âme vaine,Pourquoi, d’un soin aussi profond,N’es-tu pas prompte à tirer peineDe ce que d’autres te surfont ;
De ce que tout lecteur sincère,Te prenant au mot de devoir,Te tient en son estime chèreBien plus que tu sais ne valoir ?
Oh ! plus sage, mieux attristée,Tu souffrirais amèrementDe la faveur imméritéePlus que de l’injure, estimant
Que dans cette humaine monnaieTon prix encore est tout flatteur,Et que bien pauvre est la part vraieAux yeux du seul Estimateur !
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources