Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
Le bouquet
Tout passe, tout renaît, le Printemps recommence :Il rend la joie au monde et la vie à nos sens.Marie, au boulevard, à remplacé Clémence :Bouquetière de mai doit n’avoir que quinze ans.
Bouton qui s’ouvre à peine, et qui promet la rose,Tu viens t’offrir à nous, et tu nous dis : « Cueillez !Cueillez, il en est temps : même avant d’être éclose,Souvent la fleur échappe aux rameaux dépouillés. »
Toute fleur de beauté n’a que de courts passages ;Jouissons, jouissons de l’heure et du rayon :C’est ce qu’ont, de tout temps, répété les plus sages,Et Marion le sait autant qu’Anacréon.
Quand, ta rose à la main, tu prends ma boutonnière,Poursuivant le passant de ton joli caquet,Je dis : « Fi d’une fleur, gentille bouquetière !J’achète la corbeille et veux tout le bouquet.
Je veux ta lèvre fraîche et ta gorge brillante,Les parfums naturels qu’exhalent tes cheveux,Le nœud prompt et léger que fait ta main coulante…Vite un bouquet, Marie ! et viens le faire à deux. »
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources