Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
IV. « Plus que narcisse et pâle tubéreuse »
Plus que narcisse et pâle tubéreuse,Plus que blanc nénuphar aux troublantes odeurs,Doux sont à l’âme, après l’absence affreuse,L’heureux retour et l’haleine amoureuseDe ma Beauté, la plus chaste des fleurs.
Parfum léger qui dit d’abord : C’est elle !Petit parfum qu’on distingue entre tous,Qu’à chaque brise on sent venir vers nous,Qu’on voit sortir de la tige fidèle :L’air s’en embaume, et connaît l’Immortelle.
Mais qui dira l’autre parfum caché,Parfum mortel et d’amères délices,Qui fait pâlir nénuphars et narcisses ?Oh ! l’amant seul, à vos genoux penché,Sait le mystère et garde les supplices :Au fond de lui, c’est la fleur de désir,Par vous craintive, et si close au plaisir !
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources