Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Hymne à Dyonisios
(Rit Orphique.)
Dans un rythme correct et pur comme une amphoreJ’invoquerai d’abord Iakkos Thesmophore.
Le Dieu mâle et femelle et que la noire IsisEnfanta. Les parfums du temple d’Eleusis
Brûlent pour lui. L’encens, le styrax et la manneDécorent le parvis interdit au profane.
Et toi qui des combats aimes le bruit sacré,Evan Bassaréen, je te célébrerai.
Je te célèbrerai dans tes gloires énormes,Dompteur aux mille noms, et sous toutes tes formes.
Soit que le thyrse en main et des pampres au frontLes Mainades, le soir, pour toi, dansent en rond,
Soit que ton bras vainqueur arrête les cavalesEn rut, ô furibond, qui te plais aux cymbales ;
Soit que tu donnes au grand vin resplendissantL’éclat mystérieux des roses et du sang :
Au vin qui retentit vermeil dans le canthare,Plein de joie et d’orgueil ainsi que la cithare ;
Et que la vieille terre apprenne à ses échosLe vénérable nom du bienfaisant Bakkos.
Salut, ô bienheureux jeune homme secourable !Accueille nos présents d’un regard favorable.
O toi dont les cheveux comme de clairs soleilsFulgurent, induis-nous en de sages conseils.
Et protège le toit de ceux qui, sur la terre,S’en vont initiant la foule à ton mystère.
26 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources