Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Lao Coon
A Henri Cazac
Les serpents monstrueux venus de TénédosFont bruire la mer sous leurs croupes énormes,Et leurs troncs ondoyants, pareils à des troncs d’ormes,Émergent en sifflant de l’écume des flots.
Mais le prêtre impassible et ceint de bandelettes,Sur le sable d’azur marche orgueilleusement,Et, ne prévoyant pas le prochain châtiment,Ses enfants devant lui portent des cassolettes.
Mais bientôt, enlacés par les infâmes nœuds,Ils sentent sur leur front la bave des reptiles,Et leurs bras convulsés en efforts inutilesSe tordent comme au vent les pruniers épineux.
L’immonde embrassement de plus près les attache : :Groupe horrible ! où debout et maudissant les dieux,Le grand Laocoon expire, furieux,Avec les beuglements d’un taureau sous la hache.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources