Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Lundi de pâques
Avril. Comme un amas de dentelles voilantA demi la candeur d’une poitrine vierge,Sur le jeune soleil s’étend un duvet blanc.Le jour pâle est plus doux qu’une lueur de cierge.
Les coteaux embrumés effacent mollementDans l’azur allangui leurs cîmes violettes.C’est de la terre au ciel un long enchantement.Les pêchers ont ouvert leurs roses cassolettes.
Et, joyeux, emplissant de rire les chemins,Par les bois que rougit le sang vermeil des aulnes,Le soir, de beaux enfants emportent dans leurs mainsDes moissons de lilas et de narcisses jaunes.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources