Le jardin des rêves, 1880· Poèmes et bas-reliefs
Marie de Magdala
A Eugène Orenga
Toi qui fus la première et fus la plus sublime,Dans ce troupeau blessé d’amantes à genouxDont le rude sanglot est monté jusqu’à nous,Comme un torrent de pleurs roulant de cîme en cîme ;
Lorsque tu consolais le Maître aux cheveux roux,Loin des docteurs haîneux et de la foule infime,L’œuvre de ton amour fut si grande, ô victime,Que la mort et l’oubli durent te sembler doux.
Car il avait, un soir, vers toi penché la tête,Car, lorsque à s’envoler sa grande âme fut prête,Tu reçus à ses pieds son immortel adieu.
Et, quand tu regagnas ta retraite suprême,L’aube des temps nouveaux, mystérieux baptême,Dora ton front pâli sous le baiser d’un dieu.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources