Le jardin des rêves, 1880· Rimes amoureuses
Pantoum
Comme le cerf soupire après l’eau des fontaines,Ainsi mon cœur soupire après votre beauté,Et dans la vieille bible où vous avez chantéJ’entends pleurer l’écho des tendresses lointaines.
Ainsi mon cœur soupire après votre beauté.Vous les rappelez- vous, les rougeurs incertaines,Les longs baisers témoins des tendresses lointaines ;Mais où sont maintenant les fleurs de l’autre été ?
Vous les rappelez-vous, les rougeurs incertaines,Les courses, les langueurs pleines de volupté ?Mais où sont maintenant les fleurs de l’autre été,Les valses qui rythmaient le pas des prétentaines.
Les rires, les langueurs pleines de voluptéOnt fait place, Madame, à des grâces hautaines ;Et les valses rythmant le pas des prétentaines,Dorment sur le clavier pour toujours déserté.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le jardin des rêves, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1880· numérisation books.google.fr· Sources