Poèmes Aristophanesques, 1904· Dix-huit ballades familières pour exaspérer le mufle
Ballade Oue fit l’auteur pour une pécheresse de ses amies
De Montmartre ou de Villejuif,De Saint-Omer ou de Beaucaire,Sintoïste, mormon ou juif,Clerc d’huissier ou d’apothicaire,Maçon aux gestes en équerre,Soudrille imbu de chasselasQu’embrase parfois la moukère,Va dormir chez Saint-Nicolas !
Une odeur de crotte et de suifEt de ratatouille précaireDans l’escalier dégueulebouïf.Au lit égayé d’urticaire,La punaise des deux MacaireEt ces poux que tu régalas,Benoît Labre, se font enquerre.Va dormir chez Saint-Nicolas !
Exécrable au doux monsieur Cuïf,Le boucher succède au vicaireAlternatif avec le bouïf.Beauclair, émule de Vicaire,Dissipant son meilleur calcaire,Pour dix francs — prix de ces galas —Rêve aux oulels-naïls du Caire !Va dormir chez Saint-Nicolas.
Prince, madame SégalasAux bas-bleus ne la vante guère.Mais Jean Chouard s’équipe en guerreVa dormir chez Saint-Nicolas.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes Aristophanesques, Paris, Mercure de France, 1910· numérisation archive.org· Sources