Poèmes élégiaques, 1907· Épigrammes
Épigramme
Lourdement, ses cheveux calamistrés d’or rouxTombent sur un bandeau de pourpre violette,Devers ses jeux inquiétants où se reflèteLa clarté des soleils énamourés et fous.
Ses pieds, sur le pavé de chaude mosaïque,Se posent, les orteils avivés par le fard ;Son corps d’affranchi grec, blanc comme un nénufar,S’épanouit, orné d’une grâce archaïque.
Très souples et marquant le rhythme des baisers,Ses hanches que fleurit le printemps des LuxuresÉrigent leurs autels aux offrandes peu sûresPour la cruelle ardeur des appétits blasés.
Dans l’étuve où l’odeur acre des aromatesEt des vinaigres monte avec un goût d’encens,L’imberbe — insoucieux des rires peu décents —Offre aux bourgeois velus l’orgueil de ses chairs mates.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources