Poèmes élégiaques, 1907· Épigrammes
Épigramme
Comme un cygne qui dort au pied de la montagne,Avec ses blés mûris, ses prés de velours vert,Et ses blanches maisons dont le seuil entr’ouvertLaisse filtrer des chants que l’Adour accompagne,
La ville des baisers, Bagnère, aux vents du soirLivre sa nudité de nymphe et de baigneuse.Les paroles d’amour sur sa lèvre rieuse,Pareilles à de blonds ramiers, viennent s’asseoir.
Tempée et le Lignon n’ont pas d’ombres plus fraîchesQue ses tilleuls fleuris d’où pleuvent des parfums :Ah ! vos rires perdus, filles aux sourcils bruns.Dont la bouche eut l’odeur enivrante des pêches !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources