Poèmes élégiaques, 1907· Rêve antique
Hélène
Le laboratoire de Faust à Wittemberg
Des âges révolus j’ai remonté le fleuveEt, le cœur enivré de sublimes desseins,Déserté le Hadès et les ombrages saintsOù l’âme d’une paix ineffable s’abreuve
Le temps n’a pu fléchir la courbe de mes seins :Je suis toujours debout et forte dans l’épreuve,Moi, l’éternelle vierge et l’éternelle veuve,Gloire d’Hellas, parmi la guerre aux noirs tocsins.
O Faust, je viens à toi, quittant le sein des Mères !Pour toi, j’abandonnai, sur l’aile des Chimères,L’ombre pâle où les Dieux dorment, ensevelis.
J’apporte à ton amour, du fond des cieux antiques.Ma gorge dont le Temps n’a pas vaincu les lysEt ma voix assouplie aux rhythmes prophétiques.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources