Poèmes élégiaques, 1907· Rêve antique
La caverne
Platon, Reipub., lib. VII.
Ceux qui n’ont pu choisir une terre fertilePour semer le royal espoir de leurs cerveauxCachent dans l’antre où dort la Nuit morne et subtileLes signes abhorrés de leurs premiers travaux.
Spélunque ! Tous les fous dont la lyre inutileNe dira plus l’orgueil prochain des renouveauxGisent. Parfois l’éclair bleuâtre d’un reptileÉclaire brusquement l’horreur de ces caveaux.
Tous sont là, dos courbés, membres lourds, faces ternes !Les Enchaînés, dans le silence des cavernes,Prêtent l’oreille aux cris de l’univers vivant :
Mais, pâle et triomphant sur la cime sonore,Baigné par des lueurs et des frissons d’aurore,Un pâtre arcadien chante au soleil levant.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources