Poèmes élégiaques, 1907· Épigrammes
Odelette hiémale
La neige a rompu, ce matin,Les murs de saturne et d’étainOù s’enfermaient ses cataractes.Elle défeuille lentementDes roses froides, endormantTout sous sa fourrure compacte.
Les rouges-gorges affolés,Désertant les buissons gelés,Cherchent un toit qui les protège.Silence et deuil, mort et blancheur !La ville dort sous la fraîcheurAssoupissante de la neige.
Il faut boire et, sur le foyer,Poser, afin de s’égayer,Les sarments d’où jaillit la flamme,Attiser, loin de tout bruit vain.Le feu vermeil et, dans le vin,Réchauffer son corps et son âme.
Sainte-Marie-de-Campan, décembre 1883.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources