Poèmes élégiaques, 1907· Le jardin des rêves
Sonnet
Comme un chant descendu des collines prochainesBerce le sommeil lourd des moissonneurs lassésEt, dans le bois profond aux ombrages glacés,Mène le chœur dansant des Nymphes, sous les chênes ;
Ainsi vos rhythmes purs,cadençant leurs haleines,Ressuscitent pour moi les printemps effacés,Les bonheurs disparus et les amours passés,Le temps où mes désirs buvaient aux urnes pleines.
O frère ! une douleur pareille vit en nousEt c’est un même dieu qui courbe nos genouxDevant l’horreur de ses inévitables charmes.
Tous les deux, vous fleuri des roses du matinEt moi qui vais déjà courbé sous le destin,Nous pleurons à jamais de sympathiques larmes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources