Poèmes élégiaques, 1907· Le jardin des rêves
Sonnet
A l’Innommée, à la Furtive, à l’InconnueQue mon désir appelle et n’évoquera pas,A l’Ange secouant des roses sous ses pas,A l’Idole que voile une impalpable nue !
Que sa gorge ait vêtu la lourdeur des lampasOu que sous le ciel d’or flambe sa grâce nue,Châtelaine surprise au fond de l’avenue,Sainte pour la prière entr’ouvrant ses beaux bras ;
Qu’elle soit Ophélie, Hélène ou Béatrice,Le Démon protecteur, la Muse inspiratrice,Ou l’Amante de pierre aux flancs invulnérés ;
J’offre comme un faisceau de fleurs ces rimes vaines :Tels, les Athéniens apportaient des verveinesA l’autel blanc et pur des cultes ignorés.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes élégiaques, Paris, Mercure de France, 1907· numérisation archive.org· Sources