Pauca Paucis, 1894· Première série· Vetera
III. A Leuconoé
Tu ne chercheras point, blanche Leuconoé,A savoir le destin par les dieux octroyéA chacun de nous deux. Le Souverain qui trôneSur l’Olympe immortel défend l’art dangereuxD’interroger, suivant le rit de Babylone,Les nombres sibyllins. O combien plus heureuxDe subir, quel qu’il soit, l’avenir ténébreux !Que le Père des dieux sur notre front ramènePlus d’un hiver encore, ou qu’il soit le dernier,Celui qui, sur le roc, à cette heure déchaîneLes flots tumultueux de la mer de Thyrrène,Sage, filtre tes vins. Dans l’étroit sablierN’enferme point les longs espoirs. Tandis que couleNotre parole vaine, envieux, le Temps rouleA l’Océan sans bords. Jouis du jour qui luit,Demain sera peut-être à l’éternelle nuit,
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources