Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Vetera
VII. A vénus
JE t’invoque, ô Vénus ! non toi, Vénus terrestre,Qui dans les flancs porte la flamme, et dans les cœursLe poison dévorant des jalouses fureurs ;Qui suscitas Médée et Phèdre et Clytemnestre ;Mère du Crime et sœur de la Fatalité !— Mais toi, dans ta lumière et dans ta majesté,Fleur des nobles désirs, Vénus Ouranienne,Qui de ton geste doux peux apaiser les haines,Et glisser le sommeil dans le corps tourmenté.Tu sais donner la paix à l’homme, et le silenceAux vents, et des flots noirs calmer la violence,Aussi bien qu’embraser le cœur des grands héros.Verse-nous l’abandon tranquille dans nos maux !
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources