Pauca Paucis, 1894· Première série· Nugæ
IV. Dichtung Und Wahrheit
A Camille Roy.
Aux frontières du ciel, la mer de CythéréeSe revêtait de pourpre. Abaissant son arc d’or,Hypérion mourant, d’une flèche nacrée,Faisait étinceler le galet sur le bord.
Les alcyons de neige, en prenant leur essor,Semblaient traîner Cypris dans sa conque sacrée.J’entrevis le dos bleu du triton qui se tordEt les seins ruisselants des filles de Nérée.
Illuminant la brume opale de la mer,Le naseau des dauphins lance un humide éclair,Et le troupeau des dieux sous le désir s’agite.
Mais près de moi, roulant dans la poudre des soirs,Un vulgaire sapin laisse voir deux yeux noirs.— Adieu, Grèce ! voici le vrai char d’Amphitrite !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources