Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Vetera
III. Pulchritudo Victrix
DE ton voile sacré nul n’a percé la nuit ;Pour nul regard mortel ton corps divin n’a lui,O Vérité ! Chacun, superbe, en sa chère âme,Prétend t’avoir pressée en ses bras, et proclameQue seul il a surpris le secret de l’Hadès !Le sage de Milet s’en vante ; AnaximandreRéduit en poudre un jour l’idole de Thalès.Mais son idole à lui tombe soudain en cendre,Car, portant le flambeau, s’élève de SamosCelui qui vit les chœurs dansants de l’Ouranos.Xénophane se rit du Vrai de Pythagore…Moins mobile voit-on, dans l’Océan sonore,Chaque flot tour à tour par un autre emporté.— Mais ai-je prononcé, pieux, le nom d’Homère,Le conteste orageux se tait ! La vague amèreS’étend en miroir bleu sous le ciel. — VÉRITÉ,Je puis douter de toi, mais non de la BEAUTÉ !
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources