Pauca Paucis, 1894· Première série· Varia
II. Le phare
A Édouard Aynard.
A blanche tour surgit du sein des flots pourprés.L Quand le soleil s’éteint, un feu mélancoliqueS’allume, et son rayon sur la paisible criqueGlisse, meurt et renaît en rythmes assurés.
Le feu perd son éclat sous les cieux clairs, nacrésD’un voile irradiant de poussière cosmique,Transparente et laiteuse ; en cadence harmoniqueSe balancent les corps, fleurs des célestes prés.
Mais la tempête sourd. Le ciel brillant se cache ;Tout est noir, tout mugit. Le flot haineux s’attacheAu veilleur de granit ; de son pesant bélier
Il le bat. ― Sans émoi, l’austère sentinelle,Le front brûlé d’éclairs, continue à veiller…— Oui, je te reconnais, Conscience éternelle !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources