Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Varia
III. Le rose des gainiers…
LE rose des gainiers, à la cime des branches,Sourit. Au pré sourit la marguerite blanche.Le pollen de l’iris parfume son écrin.L’abeille bourdonnante accourt aux romarins.Tandis qu’au poids des fleurs le rosier d’or se penche,Le passereau voltige en emportant des brins,Et de troublantes voix chuchottent dans les pins.Et durant ce temps-là des milliers d’êtres pleurent ;Des milliers hurlent sous les maux ; des milliers meurent,O Nature !…Et pourquoi prendrait-elle le deuil ?Toute mort est sa joie, toute mort son orgueil,Car la Mort en retour engendre à flots la Vie.Fleurs aux mains, la Nature en fête vous convie :Éphémères Humains, hâtez-vous au cercueil !
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources