Pauca Paucis, 1894· Première série· Parvuli
VIII. Le ver a soie
A l’auteur des Fleurs de la ville.
LE pâle ver est pur ; il s’est mis en toilettePour dresser son tombeau sur le rameau séché ;Il grimpe avec lenteur, et, sur le dos couché,Fixe un peu d’ambre humide à la fine bûchette ;
Puis, étirant le bout avec art accroché,Il tord le suc divin que sa bouche rejette.On le croirait jouant d’une syrinx fluette,A voir ses petits doigts en leur subtil touché.
Bientôt, en balançant la tête à gauche, à droite,Comme un enfant mignard, bientôt la fée adroiteA tissu de rayons le suaire charmant.
Attendant le réveil, tu dors sur la bruyère,Dans ton réseau léger. — Je songe tristementAu mort dont le cocon lugubre est une bière.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources