Pauca Paucis, 1894· Première série· Domestica
V. Les dauphins
A Phydilé.
D’UNE frange d’argent la vague de TyrrhèneBordait l’écueil assis sur les abîmes bleus.Le roc fauve semblait un lion fabuleuxQui repose, immuable, en sa fierté sereine.
Les lames, à nos pieds, en longs frémissementsVenaient mourir. Soudain un jet, comme une trombe,Monte. Faisant voler perles et diamants,Un monstre noir paraît, saute, ploie et retombe.
Un autre… puis un autre… Et surgissant des flots,Comme jadis autour du chanteur de Délos,La troupe des dauphins, qu’Éros brûlant enivre,
Danse, agile et bruyante. ― Et toi, folle comme eux,Tu te mis à bondir sur le sable écumeux,Éperdue, et criant de ton bonheur de vivre !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources