Pauca Paucis, 1894· Première série· Domestica
X. Protée
Es phoques au dos bleu, paissant le doux lotus,L Exhalent l’âcre odeur de la vague saumâtre ;L’Océan se jaunit du traînant Egyptus.
L’âpre lutte poursuit sans trêve. — Opiniâtre,L’Atréide au grand cœur va cherchant son destin ;De ses muscles noueux il étreint le vieux pâtre.
Dans les urnes de Zeus le sort reste incertain.Chaque fois qu’il croit vaincre, une métamorphoseVient abuser l’espoir de l’athlète hautain,
De même pourchassant l’idée en toute chose,Je lutte avec le vers. Sous la rime fuyant,Il se fait tour à tour fier lion, sphinx morose,
Dragon fumeux, panthère au regard flamboyant…Mais comme l’Achéen, nous, domptant sa superbe,Resserrons ses liens, tant qu’il dise, ployant :
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources