Le Portique, 1909· I La terre et les morts
A un Ancêtre
Contre l’invasion, la rapine et le dol,Contre la race brune, étrangère et retorse,Refusant d’incliner et le cœur et le torseSous la haine du moine et le joug espagnol,
Tu défendis tes mœurs, ta croyance et ton sol,Tu défias le sort d’une invincible écorce,Et tu tombas, fauché dans la fleur de ta force,Sans baisser ta paupière et sans fléchir ton col.
Héros calme, debout parmi le crépuscule,Dont le sang par ma mère en mes veines circule,Toi de qui la devise était : « Je maintiendrai ! »
Apprends-moi la fierté, dans un siècle d’affaires,De souffrir sans espoir et d’agir sans salairePour l’amour seul du Juste et la splendeur du Vrai !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources