Le Portique, 1909· I La terre et les morts
Au Luxembourg
Au Luxembourg, qu’une princesse dessina,Passent des museaux clairs et des masques macabresMimi Pinson minaude à tel porteur de sabre,Et ce jurisconsulte rogue entre au Sénat.
Le groupe s’y rassemble, en belliqueux palabres,Des jeunes fous qu’une chimère illumina,Étudiants barbus et tragédiens glabresQue gonflent d’héroïsme Athalie ou Ginna.
Tout ce monde, en jasant de la Cité meilleure,Va mêlant l’utopie aux refrains, jusqu’à l’heureOù l’eau se décolore aux vasques de granit,
Et nargue, fête heureuse ondulant sous les arbres,Le Passé, Faune triste en sa gaine de marbre,Des grelots de son rêve, où tinte l’infini !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Portique, Paris, CAHIERS DE LA QUINZAINE, 1909· numérisation archive.org· Sources